Vous êtes atteint du VIH…

Vous êtes atteint du VIH…

Sommaire:

  • Tout va bien…
  • Vous avez toute la vie devant vous
  • Comment ce guide peut vous aider
  • Ressources

Si vous avez récemment découvert que vous aviez le VIH, vous avez sans doute commencé à chercher des informations sur cette maladie, et sur ce que cela entraîne. Vous voudriez aussi sans doute savoir ce que vous pouvez faire à propos de ça. Lire ce chapitre est un bon moyen de commencer. Vous faites le premier pas d’un long parcours d’apprentissage, sur comment vivre avec le VIH.

  • Tout va bien…

    La première chose à savoir est que tout va bien. Vous n’allez pas mourir du tout. Vous n’avez pas à dire à qui que ce soit que vous êtes séropositif/ve. Mais, plus important encore, vous n’avez pas à prétendre que tout est comme avant, parce que ce n’est pas le cas. Rappelez-vous simplement que votre vie est loin d’être finie. Vous avez assez de temps pour faire face à cette nouvelle.

    C’est normal que vous ressentiez tout un tas d’émotions différentes, puisque vous avez accepté l’idée de vivre avec le VIH.

    Être diagnostiqué séropositif change votre vie pour toujours. C’est normal que vous ressentiez tout un tas d’émotions différentes, puisque vous avez accepté l’idée de vivre avec le VIH. Comment vous sentez-vous à cet instant précis ? Peut-être que vous êtes calme, peut-être que vous paniquez, peut-être que vous alliez bien jusqu’à ce que quelqu’un fasse une remarque inconsidérée. Peut-être que vous vous êtes mis à boire et à faire la fête un peu trop, ou bien que vous êtes rentré dans votre coquille, mais maintenant, vous ne pouvez plus vous agir comme cela.

    Peu importe ce que vous ressentez, il est réellement important de vous dire, à vous-même, que tout ira bien, et de vous donner la permission de ressentir ces émotions. C’est une bonne idée de les laisser s’exprimer – soyez en colère, triste, confiant, calme, soyez apeuré, insensible. Si vous commencez à ressentir ces émotions, essayez de les gérer au mieux, pour vous et votre entourage. Demandez de l’aide à des conseillers professionnels, à des amis et à la famille, et plus particulièrement de la part des autres personnes concernées, qui vivent aussi avec le VIH. Parler de vos sentiments peut vous aider.

  • Vous avez toute la vie devant vous

    Désormais, les gens séropositifs ont des vies longues et productives.
    Vous n’y croyez pas encore aujourd’hui, mais avoir le VIH ne signe pas votre arrêt de mort. Il y a eu des avancées significatives dans le soin et le traitement du VIH. Les personnes atteintes du virus ont des vies longues et productives. En fait, les médecins pensent qu’avec un traitement, beaucoup de gens séropositifs ont une espérance de vie élevée.

    Ainsi, puisque vous serez là encore un petit moment, dites-vous que vous avez toute la vie devant vous. Vous pouvez toujours avoir des rapports sexuels, vous pouvez toujours entretenir des relations sérieuses, vous pouvez toujours avoir une famille ainsi qu’une carrière. Peut-être que vous pensez qu’il n’y a aucun intérêt à poursuivre aucun de ces objectifs de vie que vous aviez avant d’être diagnostiqué. Dites-vous bien que c’est normal de se sentir découragé à ce moment précis, mais n’abandonnez pas votre vie ou vos rêves. Si vous vous sentez triste et désespéré, ou si vous n’appréciez pas de faire les choses que vous faisiez habituellement, et que ces sentiments persistent, vous devez en parler à votre médecin. Vous êtes peut-être en train de faire une dépression. Cela est normal et il existe des traitements appropriés pour vous aider.

    Il existe des groupes appelés organisations de service pour les personnes atteintes du SIDA.
    Allez-vous expérimenter de nouveaux défis ? Bien sûr, à la fois de santé et sur le plan social, mais il y a des services et des individus dédiés et disponibles pour vous aider. Il existe des groupes appelés organisations de service pour les personnes atteintes du SIDA, qui aident des personnes comme vous. Les organisations de services pour les personnes atteintes du SIDA sont aussi un bon moyen de rencontrer d’autres personnes qui doivent vivre avec le VIH. Vous n’êtes peut-être pas encore prêt à les contacter, et ce n’est pas un souci. Prenez votre temps. Ils seront là pour vous aider quand vous serez prêt à parler à quelqu’un.

    Le fait d’avoir été diagnostiqué séropositif signifie que vous pouvez franchir plusieurs étapes pour prendre soin de vous.
    Vous avez peut-être déjà souhaité ne pas connaître ce diagnostic. Il est vrai que c’est difficile à entendre au début. Mais le fait d’avoir été diagnostiqué séropositif signifie que vous pouvez franchir plusieurs étapes pour prendre soin de vous. La connaissance, c’est le pouvoir. C’est un cliché, mais il est pertinent lorsqu’il s’agit du VIH. En connaissant votre statut, vous pouvez décider de la manière avec laquelle vous vivrez avec le virus. Vous ne voulez peut-être pas trop en savoir là-dessus au début, mais plus le temps passera, et plus vous aurez confiance dans le fait que vous allez apprendre tout ce qu’il faut savoir, et que vous trouverez votre propre chemin pour vivre avec le VIH.

  • Comment ce guide peut vous aider

    Traiter votre maladie vous mènera à travers plusieurs étapes qu’il vous faut connaître, dans le but de prendre soin de vous tout en apprenant à vivre avec le VIH.

    Traiter votre maladie vous amènera à travers plusieurs étapes qu’il vous faut connaître, dans le but de prendre soin de vous tout en apprenant à vivre avec le VIH. La plupart des premières choses à envisager sont de trouver un médecin qui a de l’expérience dans le traitement des personnes atteintes du VIH, de prendre contact avec des services pour les personnes atteintes du VIH et d’apprendre comment vous garder, vous et votre entourage, en bonne santé. Les chapitres sur le traitement de votre maladie qui pourraient vous intéresser sont le Chapitre 2 (VIH… Les bases) et le Chapitre 3 (votre équipe de santé).

VIH… Les bases

Sommaire

  • Qu’est-ce que le VIH ?
  • Qu’est-ce que le SIDA ?
  • Qu’est-ce qu’un virus ?
  • Comment se transmet le VIH ?
  • Comment savoir si vous avez le VIH ?
  • Comment fonctionne votre système immunitaire ?
  • Les cellules CD4+
  • Comment le VIH peut vous rendre malade
  • Les premiers stades d’une infection par HIV
  • Les stades ultérieurs d’une infection par VIH
  • SIDA
  • Le rôle de l’inflammation chronique dans le VIH

Ce chapitre explique des enjeux basiques, mais complexes en rapport avec la maladie, comme la façon dont fonctionne votre système immunitaire et la façon dont le VIH vous rend malade. Nous vous conseillons de parcourir ces pages pour mieux comprendre certains sujets, comme les cellules CD4+, la séroconversion et d’autres concepts clés qui vous donneront matière à comprendre d’autres chapitres de ce guide.

  • Qu’est-ce que le VIH ?

    Le VIH est un virus qui affaiblit votre système immunitaire, qui correspond au système interne qui défend votre corps contre les maladies. Si votre système immunitaire est trop affaibli, vous pouvez tomber malade à cause d’autres infections.

    VIH signifie « Virus de l’Immunodéficience Humaine ». Le terme « immunodéficience » correspond à un système immunitaire affaibli. Les personnes affectées par le VIH sont appelées « séropositives » (parfois inscrit comme VIH+).

    Le VIH est un virus qui affaiblit votre système immunitaire, qui est le système interne qui défend votre corps contre les maladies. Votre système immunitaire est supposé vous protéger contre les infections, mais le VIH peut se glisser sournoisement et attaquer votre corps de l’intérieur. Si votre système immunitaire est trop affaibli, vous pouvez tomber malade à cause d’autres infections.

  • Qu’est-ce que le SIDA ?

    SIDA signifie « Syndrome d’ImmunoDéficience Acquise ». Si le VIH n’est pas traité avec un traitement anti-VIH, votre système immunitaire devient généralement plus faible avec le temps. Au final, vous pouvez tomber malade à cause d’une infection mortelle, et l’on considère à ce moment-là que vous avez le SIDA.

    Avec un diagnostic anticipé et un traitement approprié incluant des médicaments pour lutter contre le VIH, les personnes atteintes du VIH peuvent éviter d’avoir le SIDA et rester en bonne santé pendant longtemps.

  • Qu’est-ce qu’un virus ?

    Le VIH est un virus qui infecte les cellules du système immunitaire qui sont supposées combattre les infections.

    Les virus (comme le VIH) sont les plus simples et les petites choses vivantes qui existent – plus petites encore que les bactéries et autres germes. En effet, il est assez difficile de déterminer si les virus comptent même comme des choses vivantes du tout, puisqu’ils ne peuvent pas se reproduire par eux-mêmes. Pour se reproduire, les virus ont besoin d’infecter des cellules vivantes, pour en faire rapidement de nouveaux virus. Ces virus tout fraîchement formés vont ensuite infecter d’autres cellules. Lorsque l’on parle de reproduction des virus du VIH, on parle de « réplication ».

    Le VIH est un virus qui peut infecter les cellules du système immunitaire, y compris les cellules CD4+ – celles justement supposées combattre les infections. C’est en cela que le VIH est dangereux.

  • Comment se transmet le VIH ?

    L’infection du VIH survient lorsque la personne séronégative reçoit suffisamment de virus infecté, issu d’une personne séropositive.

    L’infection du VIH survient lorsque la personne séronégative reçoit suffisamment de virus infecté, issu d’une personne séropositive. Cela ne peut pas se produire avec un simple contact, comme le fait de serrer une main, d’éternuer ou de toucher une poignée de porte pour le siège des toilettes. L’infection du VIH ne peut survenir que lorsque des fluides corporels avec une quantité suffisante de virus sont en contact avec le corps de la personne séronégative.

    Seuls cinq fluides corporels contiennent assez de virus pour infecter quelqu’un d’autre : le sang, la semence (y compris precum), les fluides vaginaux, les fluides anaux et le lait maternel. L’infection peut se produire au cours d’un rapport sexuel, en utilisant des seringues identiques ou d’autres équipements pour consommer de la drogue, et pendant la grossesse, l’accouchement ou l’allaitement.

    Cependant, nous savons que les personnes engagées dans un processus de soin, qui prennent un traitement du VIH et possèdent une charge virale indétectable courante ont bien moins de chances de transmettre le VIH a d’autres personnes. En fait, des études montrent que les personnes qui maintiennent une charge virale indétectable ne transmettent pas le VIH à leurs partenaires sexuels. Pour plus d’informations, lisez le paragraphe Charge virale indétectable et transmission sexuelle du VIH.

    Il y a peu (ou absence) de risques de transmettre le VIH lorsque la peau est intacte. Cependant, la transmission peut avoir lieu plus facilement avec les membranes muqueuses. Il y a les muqueuses humides des cavités humaines, comme le vagin, le rectum et l’urètre (le « trou pour faire pipi » d’un pénis masculin ou une vulve féminine). Le VIH peut infecter les cellules des muqueuses du vagin, du rectum ou du pénis, même si les tissus sont sains. Avoir une infection sexuellement transmissible comme un herpès, la gonorrhée ou la syphilis peuvent faciliter la contamination du VIH. De même qu’elles peuvent endommager d’autres tissus sains, ce qui est fréquent pendant un rapport sexuel.

    Les activités sexuelles pouvant facilement mener à la transmission du VIH sont appelées « à haut risque ». Les activités sexuelles à haut risque comprennent les rapports vaginaux et anaux :

    Sans préservatif, ou,

    Sans un traitement anti-VIH efficace pour réduire la quantité de VIH dans le sang d’une personne infectée au stade d’indétectable, et pour la rendre incapable de transmettre le VIH, ou,

    Sans l’utilisation de certains médicaments anti-VIH pour protéger les personnes séronégatives du VIH (que l’on appelle souvent PrEP, ou prophylaxie pré-exposition).

    Certaines activités sexuelles, comme le sexe oral, ne présentent qu’un risque faible de transmission du VIH. Alors que ces activités peuvent mener à la transmission du VIH, les chances sont bien plus minces que celles concernant des activités à haut risque. D’autres activités sexuelles ne posent aucun risque pour la transmission, comme le fait de s’embrasser, de se câliner, de se masturber mutuellement ou de prodiguer un massage.

    Le VIH ne peut être transmis que si vous partagez des seringues ou d’autres équipements pour vous injecter de la drogue, comme l’héroïne, le crack, les stéroïdes ou les hormones.

    Il est important d’être conscient de ces risques et des moyens existants pour les minimiser, afin d’empêcher la transmission du VIH à votre partenaire sexuel ou aux personnes avec qui vous partagez des drogues. Il est aussi important que vous vous protégiez d’une possible réinfection du VIH, puisque cela pourrait endommager plus encore votre système immunitaire ou vous exposer à une souche résistante à des traitements spécifiques du VIH (voir Chapitre 10, Traitements).

  • Comment savoir si vous avez le VIH ?

    Pour savoir si vous avez été infecté par le VIH, vous devez passer un test sanguin.

    Pour savoir si vous avez été infecté par le VIH, vous devez passer un test sanguin. Ce test sanguin, souvent appelé à tort « test du SIDA », est en réalité un test pour les anticorps du VIH.

    Les anticorps sont produits par votre corps en réaction à l’infection du VIH. Un test d’anticorps du VIH cherche la présence de ces anticorps dans votre sang. Lors d’un test classique, une aiguille est insérée dans votre veine du bras, et un échantillon de votre sang est pris. Il est envoyé au laboratoire pour être analysé, et trouver (ou non) des anticorps. Après environ deux semaines, les résultats du test sont envoyés là où vous avez fait le test initial.

    Des tests du VIH rapides sont disponibles dans certaines régions du pays. Le processus complet avec ces nouveaux tests prend environ 20 minutes. Il consiste à prendre une goutte de votre sang sur votre doigt, en parallèle de conseils sur le VIH pris avant et après le test. Les résultats obtenus sont très précis.

    Puisque les tests d’anticorps du VIH cherchent des anticorps et non le virus lui-même, vous devez attendre que ces anticorps soient produits par votre organisme avant de faire le test.

    Le délai entre le moment où vous êtes infecté avec le VIH et celui où les anticorps apparaissent dans votre sang est souvent appelé la « période fenêtre ». Durant la période fenêtre, un test VIH pourrait donner un résultat négatif alors que vous êtes bien infecté par le virus.

    Les tests actuels d’anticorps canadiens peuvent détecter l’infection du VIH chez 50% des personnes dans les 18 jours après leur infection, chez 95% des personnes dans les 34 jours après leur infection, et chez 99% des personnes un mois et demi après leur infection. Certains tests utilisés au Canada ont même une période fenêtre plus restreinte, mais le test rapide a une période fenêtre légèrement plus longue.

    Un résultat positif au test signifie que vous avez été infecté par le VIH. Vous pouvez transmettre le virus aux gens si vous avez des rapports sexuels non protégés ou bien si vous partagez des seringues avec eux.

    Un résultat positif au test signifie que vous avez été infecté par le VIH. Vous pouvez transmettre le virus aux gens si vous avez des rapports sexuels non protégés ou bien si vous partagez des seringues ou d’autres équipements pour la drogue avec eux. Un test positif ne signifie pas que vous avez le SIDA ou que vous allez l’avoir. Cela ne vous donne pas plus d’informations sur votre état de santé.

  • Comment votre système immunitaire fonctionne

    Les germes existent partout autour de nous (et souvent, au sein de nos organismes). Ils ne sont pas toujours mauvais. Certains sont même utiles : par exemple, votre tube digestif est rempli de « gentilles » bactéries qui participent à votre bonne digestion.

    Votre système immunitaire vous protège généralement des germes en reconnaissant qu’ils n’appartiennent pas à votre corps et font en sorte de les détuire.

    Beaucoup de germes, cependant, peuvent vous rendre malade – que ce soit des maladies modérées ou passagères comme un rhume, jusqu’aux infections sérieuses, voire fatales. Heureusement, votre système immunitaire vous protège généralement des germes en reconnaissant qu’ils n’appartiennent pas à votre corps et font en sorte de les détruire.

    La peau est la première ligne de défense de votre corps. La peau recouvre l’extérieur de votre corps, en agissant comme une barrière physique aux germes. S’il y a une faille sur votre peau, même des plus fines, cela peut constituer un endroit vulnérable par lequel les virus et les germes peuvent atteindre votre corps.

    Vos membranes muqueuses sont les parois molles et humides de votre bouche, votre nez, de votre appareil génital et votre anus. Les membranes muqueuses défendent aussi votre corps contre les germes, au niveau cellulaire. Cette défense au niveau des cellules est appelée « l’immunité muqueuse ». Mais les membranes muqueuses ne sont pas une barrière infaillible. De légères fissures dans ces membranes peuvent créer des points d’entrée vers l’intérieur de votre corps pour des virus et des germes. Et certains germes peuvent passer à travers une membrane saine.

    Heureusement, le système immunitaire est plus que cela. Le système immunitaire est fait de produits chimiques, de cellules, de tissus et d’organes. Les éléments les plus importants sont les globules blancs. Ces globules blancs patrouillent dans votre organisme, en passant de votre sang à votre système lymphatique.

    Votre système circulatoire, fait de votre cœur et de vaisseaux sanguins, transporte le sang vers tous les organes et tous les tissus de votre corps. Votre système lymphatique transporte un fluide clair (appelé la lymphe) vers différents endroits du corps. La lymphe écarte les germes en les balayant vers les nœuds lymphatiques présents dans vos aisselles, votre cou, votre abdomen et votre aine. Ici, les cellules immunitaires attaquent les germes.

    Lorsque vous combattez la grippe ou une autre infection, vous pouvez facilement sentir que les nœuds lymphatiques dans votre gorge et votre aine sont gonflés. C’est un signe que votre système immunitaire combat de manière active l’infection.

  • Les cellules CD4+

    Les cellules CD4+ jouent un rôle central dans le système immunitaire.

    Plusieurs sortes de globules blancs travaillent en équipe pour reconnaître et détruire les germes indésirables. Les globules blancs spécialisés vont aussi chercher la moindre infection auprès de toutes vos cellules. Ils détruisent ces cellules pour empêcher l’infection de se propager plus avant.

    Les cellules CD4+ jouent un rôle central dans le système immunitaire, et plus particulièrement dans son travail de combattant des germes. Les cellules CD+4 peuvent aider à reconnaître l’infection. Elles permettent aussi la coordination des autres parties du système immunitaire pour offrir une réponse mieux organisée de l’organisme.

  • Comment le VIH peut vous rendre malade

    Malheureusement, les cellules CD+4 comptent aussi parmi les cibles préférées du VIH. Le VIH attaque et détruit les cellules CD+4, l’une des parties les plus importantes de votre système immunitaire. Cela finit par affaiblir votre système immunitaire, ce qui le rend incapable de vous défendre contre une maladie importante.

    Lorsque le système immunitaire est trop faible à cause de l’infection du VIH, d’autres infections peuvent avoir des conséquences sérieuses, voire mortelles.

    Le corps se bat en permanence en créant de manière constante de nouvelles cellules immunitaires. Cependant, avec le temps, le virus tend à prendre l’ascendant. Le système immunitaire devient de moins en moins capable de supprimer le VIH et les autres infections. Il devient aussi de moins en moins capable de contrôler la propagation de certains types de cellules cancéreuses. Lorsque le système immunitaire est trop faible à cause de l’infection du VIH, d’autres infections peuvent avoir des conséquences sérieuses, voire mortelles.

    Si vous ne subissez pas de traitement anti-VIH après votre diagnostic, le VIH évolue ou progresse en plusieurs phases distinctes. Chez certaines personnes, cela est très rapide, alors que d’autres mettent des années avant de développer une infection mortelle.

    Avec un traitement VIH efficace comme on en trouve aujourd’hui, la plupart des gens diagnostiqués avec le VIH et traités avec des médicaments anti-VIH restent en bonne santé et ne passent pas par ces différentes phases.

  • Les premiers stades d’une infection du VIH

    Dans les deux à quatre semaines qui suivent l’infection, vous pourriez ressentir des symptômes identiques à ceux de la grippe comme la fatigue, de la fièvre, des toux, des nœuds lymphatiques gonflés, des maux de tête, une perte d’appétit ou une irritation de la peau. Pendant cette période, le système immunitaire apprend à reconnaître le VIH.

    L’infection primaire fait référence au moment où votre corps est initialement infecté par le VIH. Beaucoup de gens ne sont pas conscients qu’ils sont infectés, à ce moment-là. Cela dit, durant cette période, le virus se développe rapidement. Dans les deux à quatre semaines qui suivent l’infection, vous pourriez ressentir des symptômes identiques à ceux de la grippe, comme la fatigue, de la fièvre, des toux, des nœuds lymphatiques gonflés, des maux de tête, une perte d’appétit ou une irritation de la peau.

    Ces symptômes durent généralement moins de deux semaines, même si cela peut aller jusqu’à 10 jours. Tout le monde ne présente pas ces symptômes, ils ne sont donc pas un moyen fiable de dire si oui ou non, vous avez été infecté. Cependant, si vous avez ces symptômes après des rapports sexuels non protégés ou après avoir partagé des seringues ou d’autres équipements pour consommer de la drogue, parlez-en à votre médecin immédiatement et organisez un test du VIH. Les recherches montrent que plus tôt vous êtes diagnostiqué et débutez un traitement après une infection du VIH, et plus votre corps pourra rester en bonne santé dans le temps.

    Durant cette période de séroconversion, le système immunitaire apprend à reconnaître le VIH. Il n’a pas encore développé de protéines tueuses que sont les anticorps, pour attaquer le virus de manière significative. Cela veut dire que :

    La quantité de virus dans votre sang (votre charge virale) peut être très élevée,

    votre taux de cellules CD4+ peut descendre jusqu’à ce que votre corps réponde à la nouvelle infection,

    des tests classiques du VIH montrent que vous n’êtes pas infecté alors que vous l’êtes déjà. Cela est dû au fait que les tests cherchent des anticorps HIV, alors que votre corps n’en a pas encore développé à ce stade,

    vous pouvez encore transmettre le VIH à quelqu’un d’autre. En fait, vous êtes plus à même de le transmettre aux autres en étant nouvellement infecté et non traité, parce qu’il y a beaucoup de VIH dans votre corps.

    Lorsque votre corps développe des anticorps contre le VIH, cela s’appelle la séroconversion. Cela se produit, en général, entre un et trois mois après l’infection. Le test sanguin pour le VIH, qui est en réalité à la recherche d’anticorps, et non du virus lui-même, ne peut donner de résultat positif qu’après votre séroconversion.

    À ce moment, votre charge virale va revenir à un niveau raisonnable, après un pic observé durant la période d’infection primaire.

  • Les stades ultérieurs de l’infection VIH

    S’il n’est pas traité, le VIH crée des copies de lui-même et infecte les nouvelles cellules CD4+. Votre corps tente de contrebalancer cette perte de cellules CD4+ en en créant d’autres, de plus saines. Dans la plupart des cas, le virus finit par surcharger votre système immunitaire.

    Même sans être diagnostiqué ou traité contre le VIH, vous pouvez vous sentir parfaitement bien pendant un long moment, au cours de l’étape de l’infection du VIH qui suit la séroconversion. Bien que votre système immunitaire n’ait pas éliminé l’infection, il est capable de plus ou moins maintenir une résistance contre lui, ce qui signifie que le virus et votre corps coexistent maintenant dans une sorte d’affrontement. Votre taux de cellules CD4+ et votre charge virale vont rester relativement stables, bien que votre charge virale puisse augmenter si vous combattez d’autres infections comme un rhume ou la grippe. Beaucoup de gens n’ont pas de symptômes manifestes de la maladie du VIH, ce qui explique pourquoi cette étape est parfois appelée « l’infection asymptomatique ».

    C’est l’étape la plus longue du processus d’infection du VIH. Chez certaines personnes, cela peut durer 10 ans ou plus, alors que chez d’autres, cela se manifeste bien avant. Durant la phase d’infection asymptomatique, le VIH crée rapidement des copies de lui-même (réplication) et infecte de nouvelles cellules CD4+. Votre corps cherche à contrebalancer cette perte de cellules CD4+ en en créant de nouvelles, plus saines. Tant que votre corps peut remplacer les cellules CD4+ infectées par le VIH par de nouvelles cellules saines, votre système immunitaire reste fort. Dans la plupart des cas, cependant, si l’infection n’est pas traitée, le VIH finit par gagner cette bataille.

    La force de votre système immunitaire est mesurée via le taux de cellules CD4+ (voir Chapitre 9, Suivre votre état de santé).

    Sans traitement anti-VIH, le virus surcharge votre système immunitaire, votre taux de cellules CD4+ chute et vous présentez un risque élevé de développer des symptômes de l’infection du VIH. Cela peut comprendre les symptômes suivants : des nœuds lymphatiques gonflés, des transpirations nocturnes, de la fièvre, la diarrhée, une perte de poids et de la fatigue. Vous pourrez développer des infections comme des infections vaginales à champignons persistantes ou importantes. Ce sont là des signes que l’infection du VIH se propage. Pour plus d’informations sur les infections associées à une infection du VIH non traitée, voir le Chapitre 12, Infections relatives au VIH et cancers.

  • SIDA

    Si votre infection du VIH n’est pas traitée par des médicaments appropriés, vous pourriez passer à la phase dite du SIDA. Les experts ont créé une liste de maladies définissant le SIDA, qui sont utilisées pour diagnostiquer le SIDA, mais aussi pour les statistiques. Ces maladies sont limitées aux infections les plus mortelles, y compris les infections bactériennes comme la Mycobacterium avium complex (MAC), des infections fongiques comme la Pneumocystis pneumonia (PPC) ou des cancers, comme le lymphome non hodgkinien ou le sarcome de Kaposi.

    Beaucoup de gens évoquent désormais la maladie du VIH ou l’infection chronique du VIH en disant que le SIDA est une issue bien moins commune cette infection.

    Bien avant que les traitements anti-VIH ne soient rendus disponibles, évoluer vers le SIDA puis finalement, la mort était l’issue inévitable d’une infection du VIH pour la plupart des gens. Cependant, avec des traitements efficaces, la maladie du VIH peut être contrôlée et ne progresse pas vers des maladies mortelles. Les médicaments anti-VIH peuvent stopper la progression vers le SIDA chez les gens atteints du VIH qui sont sains, mais cela peut aussi aider les gens qui sont devenus malades à cause d’infections mortelles en lien avec le SIDA de les aider à aller mieux et à rester en bonne santé.

    La manière dont nous évoquons le VIH et le SIDA représente cette nouvelle réalité. Beaucoup de gens évoquent désormais la maladie du VIH ou l’infection chronique du VIH en disant que le SIDA est une issue bien moins commune de cette infection, là où les traitements sont rendus possibles.

  • Le rôle de l’inflammation chronique dans le VIH

    Alors que des traitements anti-VIH aident à réduire considérablement la quantité de VIH dans votre corps, ils permettent de contrôler l’inflammation chronique et continue résultant de l’impact du virus, mais pas de l’éliminer.

    L’inflammation débute au cours des premiers stades de l’infection du VIH et progresse avec le temps. Cela fait partie de la réponse immunitaire du corps face à une blessure, une irritation ou une infection. Par exemple, cela s’active lorsqu’on se coupe avec un objet tranchant, que l’on entre en contact avec quelque chose auquel nous sommes allergique, ou bien lorsque l’on est infecté par une infection sexuellement transmissible (IST). Les cellules du système immunitaire sont activées et se déplacent jusqu’au lieu de l’infection ou de la blessure. Parmi les signes de l’inflammation, on retrouve des rougeurs, des gonflements, une sensation de chaleur, de la douleur ainsi qu’une perte fonctionnelle.

    L’inflammation est une des façons qu’a le corps de réparer ou supprimer le problème. Sur un temps court, cela peut aider. Mais lorsque l’inflammation se maintient sur le long terme (lorsqu’elle devient chronique), cela n’est plus bénéfique et peut contribuer au développement de plusieurs maladies. Si cela n’est pas vérifié, cela peut causer de sérieux dommages : nuire aux cellules immunitaires, aux organes majeurs, au système nerveux, et contribuer à l’apparition de plusieurs maladies.

    Des recherches se concentrent sur le rôle de l’inflammation sur les personnes en bonne santé porteuses du VIH, plus particulièrement, l’impact sur la maladie cardiovasculaire, l’ostéoporose, la maladie du foie, du rein et d’autres maladies touchant des organes de personnes atteintes du VIH.

Votre guide pour traiter le VIH

Pour faire simple, le traitement du VIH vous sauvera la vie. Il n’existe pas de remède pour le VIH, mais seulement des médicaments qui peuvent garder le virus sous contrôle, vous laissant en bonne santé pendant un moment.

S’il est laissé sans traitement, le virus du VIH affaiblit les défenses du corps contre les infections et certains cancers. Mais en prenant des médicaments tous les jours, la plupart des gens peuvent contrôler le virus, protéger leur système immunitaire et empêcher les infections de se développer. Avec un traitement et un soin appropriés, la plupart des gens qui ont le VIH peuvent avoir une longue vie en bonne santé.

Nous savons aussi que prendre des médicaments contre le VIH chaque jour et que maintenir une charge virale indétectable (tout en prenant les soins contre le VIH qui s’impose) est un moyen très efficace de réduire le risque de transmission du VIH.

Peut-être que vous avez appris votre diagnostic il n’y a pas longtemps et que vous allez débuter votre traitement. Ou bien vous prenez déjà un traitement contre le VIH et souhaiteriez en apprendre plus dessus. Dans tous les cas, cette ressource est pour vous ! Nous espérons qu’elle sera également utile à ceux qui soutiennent les personnes atteintes du VIH – partenaires, membres de la famille, amis, de même que les médecins, les aides-soignantes, les pharmaciens, les conseillers, les éducateurs et les fournisseurs de service.

  • Ce que vous allez trouver dans ce guide
  • Qu’est-ce que le traitement contre le VIH ?
  • Une meilleure pilule à avaler
  • Ce que vous allez trouver dans ce guide

    Ce guide explique ce que nous savons du traitement du VIH, à ce jour. De quoi s’agit-il ? Comment agit-il sur l’organisme ? Qu’est-ce qui a changé (beaucoup de choses, et pour le meilleur !) ? Nous pouvons aussi nous attarder sur les bénéfices sur le plan de la santé à démarrer un traitement le plus tôt possible et ce que nous savons sur le fait que le traitement peut empêcher la transmission du VIH.

    À travers ce guide, vous allez entendre parler de personnes qui vivent avec le VIH qui ont emprunté le chemin que vous vous apprêtez à prendre aujourd’hui.

  • Qu’est-ce que le traitement du VIH ?

    Le traitement du VIH porte plusieurs noms : la thérapie de combinaison, la thérapie antirétrovirale (ARV), une thérapie antirétrovirale hautement active (TAHA), et médicaments contre le VIH, pour n’en nommer que quelques-uns. Dans ce guide, nous utilisons principalement le terme « traitement VIH ».

    Le traitement VIH inclut de prendre une combinaison de médicaments (en général trois ou plus) chaque jour pour vous garder en bonne santé. Bien que beaucoup de gens ne prennent qu’une seule pilule par jour, cette pilule contient en réalité plusieurs médicaments.

    Avec le nombre de combinaisons de médicaments possibles, vous n’aurez aucun mal à trouver un traitement approprié pour vous, avec des effets minimaux ou sans effets secondaires.

    Au final, un traitement et des soins VIH efficaces permettent aux gens ayant le VIH de connaître des vies longues et saines.

  • Une meilleure pilule à avaler

    Le traitement du VIH en a fait du chemin ! Si vous avez entendu des histoires à dormir debout à propos des médicaments du VIH d’antan (des poignées de pilules à prendre plusieurs fois par jour, ayant des effets secondaires désastreux), soyez certain que les nouvelles pilules sont bien plus efficaces, sans danger et plus facile à tolérer, mais aussi plus facile à ingérer. Le traitement du VIH, et ce que l’on en sait a complètement changé au cours des dernières années. Vous serez ravis de savoir qu’il s’agit d’une histoire pleine de bonnes nouvelles !

    “J’avais lu des blogs à propos d’histoires atroces concernant les effets secondaires des pilules et j’ai rencontré des personnes ayant connu les premiers traitements, qui ont raconté des histoires horribles d’un temps pas si éloigné que cela. Pour moi, c’est ce que le traitement du VIH représentait…

    Alors que le temps passait, prendre mes médicaments est devenu ma routine, comme une seconde nature, autant que je me brosse les dents ou me déplace dans la salle de bains. J’ai compris que toutes les peurs que j’avais n’étaient plus d’actualité, du moins pour moi.

    Lorsque ma charge virale est devenue indétectable, cela m’a donné une forme d’autonomisation, que j’avais perdue jusque-là, depuis que j’avais été diagnostiqué. Mes peurs et mes angoisses dissipées, je me sentais plus proche de la personne que j’étais avant.

    Cinq ans plus tard, sans n’avoir jamais manqué une dose, je ne vois plus le fait de prendre mes médicaments comme un souvenir de quelque chose de négatif, mais plutôt comme quelque chose qui me permet de contrôler ma santé, peut-être pour la première fois de ma vie”.

    —Jonathan

    Plusieurs médicaments très efficaces contre le HIV et faciles à prendre et ayant peu d’effets secondaires sont disponibles pour tous les Canadiens.

    Non seulement les médicaments eux-mêmes ont été améliorés, mais la connaissance sur le traitement général aussi. Ces dernières années, nous avons appris qu’il est mieux pour votre santé de commencer le traitement le plus tôt possible après le diagnostic. Il ne faut pas plus attendre une date de début qui serait plus appropriée, pas plus qu’il ne faut peser le pour et le contre avant de se lancer. Des recherches ont clairement montré que commencer un traitement tôt réduit le risque de développer une maladie sérieuse. Débuter un traitement le plus tôt possible est bon pour votre santé de long-terme et votre espérance de vie.

    Et il y a d’autres bonnes nouvelles : nous avons aussi appris qu’un soin et un traitement continus contre le VIH garde votre charge virale indétectable, ce qui empêche la transmission sexuelle du VIH. En d’autres termes, si vous voyez votre médecin régulièrement et que vous prenez votre traitement VIH de sorte que votre charge virale reste indétectable (le VIH est toujours dans votre sang, mais à des niveaux tellement bas qu’il ne peut pas être détecté par des tests de routines), vous ne transmettez pas le VIH à vos partenaires durant un rapport sexuel.

    Nous savons également que le traitement VIH peut diminuer le risque de manière significative de transmission d’une mère porteuse du virus à son bébé durant la grossesse et l’accouchement, ce qui permet aux femmes atteintes du VIH de vivre des grossesses saines et donner naissance à des bébés non porteurs du VIH. Des recherches ont aussi montré que le traitement peut empêcher la transmission du VIH pour les personnes qui partagent un équipement pour consommer de la drogue.

    De fait, le traitement VIH est bon pour vous et les gens que vous aimez. En tant que personne vivant avec le VIH, débuter et garder un traitement est une des meilleures choses que vous puissiez faire pour votre santé.

    « Connaître votre statut est une bonne chose… Vous êtes toujours la même personne qu’avant. Prenez vos médicaments et restez en bonne santé, et vous vous sentirez mieux qu’une personne moyenne ».

    —Jon

Les bénéfices d’un traitement du VIH

Le traitement du VIH aide les personnes vivant avec le VIH à rester en bonne santé. Cela est possible en supprimant la capacité du VIH à faire des copies de lui-même. Lorsque vous prenez chaque jour des médicaments prescrits pour vous contre le VIH, que vous voyez votre médecin régulièrement et que vous maintenez une charge virale indétectable, le traitement :

Peut contrôler le virus et permettre à votre système immunitaire de se reconstruire – les bénéfices étant d’autant plus significatifs si vous démarrez tôt,

peut empêcher la transmission du VIH à vos/votre partenaire(s) sexuel(s),

permet aux femmes de vivre des grossesses saines et de donner naissance à des bébés séronégatifs,

peut réduire de façon impressionnante les chances de transmission du VIH en partageant des équipements pour consommer de la drogue,

  • c’est bon pour votre santé !,
  • prévient la transmission sexuelle,
  • prévient la transmission mère-enfant.
  • C’est bon pour votre santé !

    Nous savons qu’il y a d’importants bénéfices à débuter un traitement du VIH le plus tôt possible, avant que le virus n’ait eu l’opportunité de provoquer des dommages à votre système immunitaire. Le plus tôt vous être diagnostiqué après avoir été infecté par le VIH, et le plus tôt vous commencez votre traitement, mieux c’est. Cela est vrai, que votre taux de CD4+ soit haut ou bas.

    Une étude à grande échelle, intitulée l’étude START, a confirmé cela. Les chercheurs ont invité 4 685 participants de 35 pays. Les participants à l’étude ont été attribués à deux groupes, au hasard : le premier groupe a débuté un traitement immédiatement alors que le second a attendu que le taux de leurs cellules CD4+ chute en dessous de 350 ou jusqu’à l’apparition d’une maladie sérieuse (un taux de CD4 est une bonne mesure pour savoir à quel point le système immunitaire d’une personne est fort. Un test sanguin permet de mesurer combien de cellules CD4 une personne a dans le sang). Les participants ayant débuté le traitement immédiatement après l’infection ont largement empêché le risque de développer des maladies sérieuses comme le cancer ou d’autres infections mortelles. Cela s’est vérifié, indépendamment de l’âge, du sexe, de la race ou de l’ethnicité des participants.

    Ces résultats confirment les bénéfices à débuter un traitement le plus tôt possible, de même que cela allège les risques possibles.

    Suite à cette étude révolutionnaire, les consignes canadiennes du traitement recommandent à présent que le traitement VIH soit offert immédiatement à toutes les personnes porteuses du virus.

  • Empêcher la transmission sexuelle

    Un bénéfice additionnel non négligeable du traitement du VIH n’est autre que le fait de maintenir une charge virale indétectable, ce qui empêche la transmission du VIH aux personnes avec qui vous avez des rapports sexuels. Les éléments scientifiques que nous avons pour appuyer cette théorie sont solides.

    Deux grandes études, appelées l’étude HPTN 052 et l’étude PARTNER, ont montré que dans le cas où des personnes séropositives maintenant une charge virale indétectable, et qui avaient des rapports sexuels avec des personnes séronégatives, aucune transmission n’avait lieu (l’ensemble des participants ont eu des rendez-vous médicaux réguliers pour vérifier leur charge virale, des tests pour d’autres IST et ont reçu un soutien financier).

    L’étude HPTN 052 a suivi 1 763 personnes hétérosexuelles en couple mixte (un partenaire est séropositif, l’autre séronégatif), dans 13 centres répartis dans 9 pays. Ces couples avaient essentiellement des rapports vaginaux. Aucune transmission du VIH n’est apparue entre les partenaires lorsque le partenaire séropositif suivait un traitement et avait une charge virale indétectable.

    L’étude PARTNER a suivi 888 couples mixtes, dans 75 centres de recherche répartis dans 14 États européens. Cette étude comprenait à la fois des couples hétérosexuels et homosexuels. L’ensemble des participants séropositifs suivaient un traitement et avaient une charge virale indétectable. Bien que les couples aient des rapports non protégés (cela signifiant qu’ils n’utilisaient pas de préservatifs, ni de PrEP (prophylaxie pré-exposition) ou de PEP (prophylaxie post-exposition)) à 58 000 reprises au moins, aucune transmission du VIH n’a été observée entre les couples participant à l’étude.

    Ni la présence d’Infections Sexuellement Transmissibles (IST) ni de possibles écarts de charge virale entre les tests n’ont permis la transmission. Bien qu’un nombre restreint de personnes ait été infecté avec le VIH au cours des deux études, ces infections provenaient soit d’un partenaire sexuel en dehors

    Grâce à ces trouvailles et résultats d’autres études, nous pouvons dire avec confiance que prendre un traitement du VIH et maintenir une charge virale indétectable est un moyen hautement efficace pour empêcher la transmission du VIH au cours d’un rapport sexuel. Avec ou sans préservatif, si vous êtes indétectable, vous ne transmettrez pas le virus à vos partenaires. Pour beaucoup de gens, cette réalité change leur vie : elle transforme la manière dont ils se sentent à propos du sexe, de leurs relations et avec eux-mêmes.

    PrEP : un traitement préventif pour les personnes séronégatives

    Les personnes séronégatives qui présentent un haut risque de transmission du VIH peuvent prendre certains types de médicaments pour réduire considérablement ce risque. Cette méthode préventive est appelée PrEP (prophylaxie pré-exposition). La PrEP inclut de prendre du Truvada avant une exposition au VIH et de continuer après l’exposition. Les recherches ont montré que lorsque la méthode est utilisée telle que prescrite, il est extrêmement rare pour une personne séronégative de contracter le virus tout en étant sous PrEP.

    Une fois sous PrEP, il est important de voir un professionnel de santé tous les trois afin de subir un test du VIH et d’autres infections sexuellement transmissibles (IST), pour vérifier aussi les effets secondaires de la méthode. Le professionnel de santé effectuera aussi un suivi des reins et de la santé des os.

    Beaucoup de gens utilisant cette méthode n’ont aucun effet secondaire. Pour certains, c’est le cas, mais les effets secondaires tendent à s’effacer lorsque leur corps s’adapte à la prise du médicament. En raison du Truvada, la PrEP est relativement nouvelle, nous ne connaissons pas encore les effets à long terme.

  • Empêcher la transmission mère-enfant

    Le traitement VIH peut aussi empêcher la transmission du VIH d’une mère au foetus ou à l’enfant durant la grossesse ou l’accouchement.

    « Ce que j’ai essayé de dire à mes patients est qu’un diagnostic de VIH est significatif – ce n’est pas quelque chose qu’il faut trivialiser -, mais si vous prenez une thérapie antirétrovirale efficace et que nous travaillons là-dessus ensemble, vous serez encore là bien des années. Nous trépignerons ensemble à mon bureau lorsque nous aurons 102 ans ! ».

    —Docteur Lisa Barrett, spécialiste des maladies infectieuses

    Avant qu’un traitement efficace soit disponible, un bébé sur quatre naissait séropositif lorsque sa maman l’était. Désormais, avec un soin et un traitement appropriés, la chance pour qu’un bébé naisse séropositif est inférieure à 1%.

    Les consignes canadiennes du traitement recommandent :

    Un médicament HIV pour la maman durant la grossesse et le travail,

    un médicament HIV pour le bébé durant une courte période après la naissance,

    un accouchement vaginal pour la plupart des grossesses, mais dans certains cas un accouchement par césarienne (une chirurgie pour retirer le bébé de l’utérus), nourrir le bébé avec du lait adapté et non en l’allaitant.

    L’allaitement présente encore certains risques de transmission du VIH même si la charge virale de la mère est indétectable. Si vous êtes enceinte ou que vous réfléchissez à l’être, parlez à votre médecin des alternatives sans danger de l’allaitement (du lait pour bébé subventionné est disponible pour les mères atteintes du virus dans certaines parties du pays). Vous et votre médecin devriez discuter de toutes les décisions à connaître en lien avec votre traitement, votre grossesse et votre accouchement.

    L’ensemble de ces découvertes sur les bénéfices du traitement VIH ont eu d’importants impacts pour mieux vivre avec le VIH. Si vous avez des questions relatives au traitement VIH, son rôle en matière préventive ou ce que cela implique pour vous, parlez-en avec votre médecin référent VIH.

 

Comment le traitement VIH fonctionne ?

Le traitement VIH vous garde en bonne santé en supprimant la quantité de VIH dans votre sang.

Lorsqu’il n’est pas traité, le VIH infecte les cellules CD4 et d’autres types de cellules dans l’ensemble du corps. Il utilise ces cellules pour créer des millions de copies de lui-même, qui partent infecter de nouvelles cellules. Ce processus, appelé « réplication virale », finit par endommager votre système immunitaire, affaiblir votre taux de CD4 et vous laisser vulnérable face à des infections et des maladies sérieuses. Le but d’un traitement VIH est de stopper ce processus et de réduire votre charge virale.

Comment ça fonctionne ? Il y a différents groupes, ou classes, de médicaments et chaque classe attaque le virus d’une manière différente. Votre traitement va inclure des médicaments de plusieurs classes, pour combattre le virus sur différents fronts.

Peu après qu’une personne débute un traitement VIH, la réplication virale diminue de façon drastique. La chaîne de production de VIH se met aussitôt à ralentir. Puisque peu de nouvelles copies du virus sont créées, le taux de VIH dans votre corps (votre charge virale) diminue. La plupart des charges virales des patients diminuent jusqu’à des niveaux d’indétectabilité dans les trois à six mois qui suivent le début du traitement.

Supprimer le VIH de cette manière permet à votre système immunitaire de reprendre des forces. Votre taux de CD4 augmente, le risque de maladies sérieuses s’effondre, et tous les symptômes de l’infection du VIH que vous pourriez avoir vécu diminuent ou disparaissent.

  • Indétectable ≠ traitement

    Une charge virale indétectable (la charge virale est le taux de VIH mesuré dans le sang d’une personne) ne signifie pas que le virus est totalement parti. Peu après qu’une personne soit infectée avec le VIH, le virus trouve un moyen de s’infiltrer dans les cellules profondes du système immunitaire et de certains organes, comme le cerveau.

    Les traitements VIH actuels ont des difficultés à pénétrer le cerveau et d’autres organes, de même que le système immunitaire, et le VIH peut rester dominant ou se répliquer à ces endroits, même à des niveaux très bas. Cependant, un diagnostic anticipé du VIH suivi d’un traitement immédiat signifie que le VIH a moins d’opportunités de pénétrer au cœur du système immunitaire et d’établir ces gisements.

    Malgré les meilleurs efforts des scientifiques, aucun moyen d’éliminer le VIH du système immunitaire et de certains organes n’a encore été trouvé. La plupart des recherches concernant la guérison du VIH se concentrent sur ce problème. Mais, à ce jour, le VIH est une infection à vie, et le traitement VIH est un engagement tout au long de la vie.

  • Les différentes classes de médicaments pour le VIH

    Deux des médicaments utilisés pour la plupart des combinaisons anti-VIH appartiennent à une classe de médicaments dits « les nukes » (nucléosides analogues, ou INTI). Parce que les deux nukes mélangés ensemble ont généralement besoin d’être pris en même temps, les fabricants de médicaments ont produit plusieurs co-formules, c’est-à-dire deux nukes (ou plus) dans une seule et même pilule, comme la Truvada (ténofovir + FTC) et la Kivexa (abacavir + 3TC).

    Un troisième médicament d’une classe différente est ajouté à ces deux-là pour créer une combinaison efficace dans le but d’attaquer le VIH à différentes échelles.

    Les inhibiteurs d’intégrase, une autre classe de médicaments antirétroviraux, ont plusieurs avantages : lorsqu’ils sont pris comme faisant partie intégration d’une thérapie de combinaison, ils suppriment rapidement le taux de VIH dans le sang. Ils provoquent généralement peu d’effets secondaires et ont peu de chance d’interagir avec d’autres médicaments.

    Les inhibiteurs de protéase (IP) : les combinaisons de base ont tendance à inclure plus de pilules que les autres combinaisons et peuvent être prises en même temps que le repas. Un avantage du PI est que si votre virus développe une résistance à l’un des IP, les autres IP peuvent toujours être efficaces, permettant d’envisager d’autres options de traitement.

    Une autre dose d’un médicament (soit le ritonavir (Norvir) soit le cobicistat) est presque toujours ajoutée à une combinaison d’IP. Cela s’appelle un effet « boost » parce que cela stimule les niveaux d’IP dans le sang, grâce à un dosage une fois par jour. Notez que les « boosters » peuvent interagir avec des drogues récréatives, comme l’ecstasy la met, la K, la benzodiazépine et les drogues contre les troubles érectiles comme le Viagra.

    Les non-nukes sont une autre classe des médicaments antirétroviraux. Une résistance aux médicaments non-nukes se développe parfois plus facilement qu’avec d’autres médicaments d’autres classes, et le VIH qui est résistant à un médicament non-nuke est parfois résistant à d’autres médicaments dans cette classe.

    Le seul inhibiteur de fusion aujourd’hui disponible est le T-20 (enfuvirtide, Fuzeon). Ce médicament puissant, qui doit être pris deux fois par jour via injection, est aujourd’hui utilisé très rarement, par certaines personnes ayant développé une résistante à la plupart des autres médicaments anti-VIH.

    De façon similaire, les inhibiteurs CCR5 sont généralement utilisés par les gens ayant déjà essayé d’autres combinaisons de traitement. Un simple test de dépistage peut déterminer si une personne a une souche de VIH résistante à l’une des classes de médicaments. Si cela est le cas, les inhibiteurs CCR5 peuvent être une option.

  • Trouver un traitement adéquat pour vous

    Le combo de traitement idéal est celui qui :

    Supprime de façon efficace le virus – ce qui veut dire, réduit votre charge virale jusqu’à un niveau indétectable pour l’y maintenir,

    rétablit votre taux de CD4,

    cause un minimum d’effets secondaires,

    est facile à prendre (peu de pilules et un emploi du temps simple).

    En fonction de vos conditions de vie et de votre situation, certains médicaments peuvent être plus appropriés que d’autres. Dans le Chapitre Commencer un traitement, nous regardons tous les facteurs qui peuvent vous aider à choisir une combinaison adéquate pour vous.

 

Votre équipe de santé

Votre équipe de santé va jouer un rôle important pour la réussite de votre traitement VIH. Vous verrez votre médecin régulièrement (si ce n’est pas déjà le cas), et vous allez ensemble planifier le cours de votre traitement VIH. Si cela est possible, essayez de trouver quelqu’un qui s’y connaisse en traitement du VIH, en qui vous pourrez avoir confiance et avez qui vous pourrez parler ouvertement.

  • Votre médecin,
  • d’autres membres de l’équipe de santé.
  • Votre médecin

    Certaines personnes consultant un praticien général (PG) ou un médecin traitant qui connaît bien le virus et a l’habitude de traiter des personnes atteintes du VIH. D’autres vont voir un spécialiste des maladies infectieuses ou un immunologiste pour traiter leur VIH, tandis que leur PG s’occupe des autres troubles de santé.

    Dans l’idéal, vous voudrez choisir un médecin expérimenté dans le traitement du VIH qui prenne le temps de s’informer sur les dernières découvertes relatives à la maladie. Dans les grandes villes, cela est plus facile de trouver un médecin traitant avec une expérience du VIH. Malheureusement, dans certaines parties du Canada, y compris les plus petites villes et les zones rurales, cela peut s’avérer plus difficile. Si vous avez besoin d’aide pour trouver un docteur, votre organisation locale du VIH est un bon endroit où commencer votre recherche.

    Si vous avez la possibilité de choisir entre plusieurs médecins, prenez le temps de les interroger et de leur demander toutes les choses qui vous semblent importantes. Vous voudrez avoir un médecin avec lequel vous vous sentez à l’aide et avec qui vous vous sentez libre de parler, un médecin qui répondra à vos questions avec beaucoup de respect.

    Lorsque vous parlez avec votre médecin, rappelez-vous qu’il n’y a jamais de question stupide. Si votre médecin dit quelque chose que vous ne comprenez pas, demandez-lui d’expliquer les choses plus clairement ou d’utiliser un langage plus simple.

    Parlez minutieusement de votre traitement avec votre médecin : le type de résultats que vous attendez, les effets secondaires possibles et comment leur faire face, et s’il existe des alternatives à prendre en compte. Vous pourriez aussi avoir envie d’amener votre partenaire avec vous, de même que des amis ou des membres de votre famille pour vous aider à vous rappeler de certains détails. Vous pouvez aussi prendre des notes ou même demander à enregistrer la conversation afin de la réécouter plus tard.

    Il y a aussi des choses que vous pouvez faire pour garder une trace de votre santé lors de vos échanges entre vos différents rendez-vous chez le médecin.

    Votre carnet de santé personnel

    Un carnet de santé personnel ou une application peuvent vous aider à garder une trace de votre traitement et de n’importe quel problème de santé qui pourrait arriver. Vous pouvez l’utiliser pour garder toutes vos informations de santé ensemble, dans un même endroit, pour avoir un suivi de vos prescriptions et de vos rendez-vous, pour collecter et revoir vos différents résultats de test, pour rechercher des évolutions au fil du temps et faire en sorte que chaque membre de votre équipe de santé puisse avoir les mêmes informations. Vous pouvez enregistrer les informations en cas d’urgence, indiquer une liste de prestataires de soins, renseigner vos allergies et les questions que vous voulez poser au prochain rendez-vous.

  • Les autres membres de l’équipe de santé

    Mon conseil est de rassembler les informations, gagner en connaissance sur ce qu’est le VIH et sur ses effets, et ce qu’il existe en matière de soutien. Plus vous en savez sur vous-même et le virus, mieux vous pourrez gérer votre santé et rester fort et positif… Vous n’avez pas à faire ça seul. Entrez en contact, construisez un réseau de soutien et apprenez comment parler à votre médecin.

    —Jane

    Votre équipe de santé ne se résume pas qu’à votre médecin. Votre clinique a sans doute des infirmières à disposition, de même que d’autres professionnels, comme des travailleurs sociaux, des thérapeutes ou des confrères. Ces personnes ont des compétences clés pour contribuer à vos soins et peuvent vous donner des bons conseils à suivre sur le plan pratiquer, par exemple sur l’achat de vos médicaments ou l’adhésion thérapeutique. De plus, ils peuvent avoir plus de temps pour parler avec vous. Par exemple, votre infirmière peut répondre à l’une de vos questions si votre médecin est occupé.

    Vous allez aussi voir votre pharmacien chaque fois que vous irez récupérer vos médicaments. Puisque les pharmaciens se rendent généralement plus disponibles que les médecins, beaucoup de personnes atteintes du VIH comptent sur leur pharmacien pour obtenir des informations à propos de leur traitement. Les pharmaciens peuvent vous aider à garder une trace de vos médicaments de sorte à éviter les réactions allergiques ou l’interaction avec d’autres médicaments. Pour éviter l’interaction avec d’autres médicaments, il est préférable d’acheter l’ensemble de vos médicaments au même endroit, notamment si vous recevez des prescriptions de plusieurs médecins différents. Les pharmaciens peuvent aussi vous faire des suggestions pratiques pour le financement des traitements et sur les plans de paiement des médicaments.

Débuter un traitement

Pour la santé de votre propre sentiment de bien-être et le succès de votre traitement, il est important d’être préparé, à la fois sur le plan pratique, mental et émotionnel.

Avant de débuter un traitement, votre prestataire de santé vous recommandera des tests sanguins à faire pour vérifier la résistance aux médicaments et votre hypersensibilité. Il/elle vous demandera quel(s) médicament(s) vous prenez déjà, pour être sûr que l’ensemble des médicaments que vous prenez ont un effet positif. Les médicaments contre le VIH que vous et votre médecin décidez de prendre seront aussi influencés par vos conditions de vie et de santé.

  • Résistance aux médicaments,
  • hypersensibilité,
  • interaction entre médicaments,
  • grossesse,
  • autres conditions de santé,
  • effets secondaires,
  • adhésion au traitement,
  • situations sociales et au travail,
  • planifier les doses,
  • payer votre traitement,
  • quelle doit être votre combinaison ?
  • Résistance aux médicaments

    La résistance aux médicaments se réfère au fait que le VIH soit résistant à certains médicaments et empêche ces mêmes médicaments d’avoir l’effet escompté. Les formes résistantes du VIH peuvent parfois se transmettre d’une personne à l’autre, de fait, une personne qui n’a jamais pris de médicaments contre le VIH auparavant, peut être infectée avec une forme de VIH résistant aux médicaments. Le type de VIH d’une personne peut aussi évoluer et devenir résistant aux médicaments. Si une personne sous traitement oublie de prendre des dosages, le virus peut muter et devenir résistant aux médicaments.

    Toutes les personnes vivant avec le VIH doivent passer un test de résistance avant de débuter leur traitement et, dans certains cas, avant de changer de traitement. Le test de résistance permet d’identifier les médicaments qui pourraient ne pas fonctionner contre le VIH. Le test de résistance aux médicaments peut vous aider, vous et votre médecin, à déterminer quels médicaments inclure dans votre régime de traitement contre le VIH.

  • Hypersensibilité

    Vous pouvez être allergique, ou hypersensible, à certains médicaments. Par exemple, certaines personnes sont hypersensibles à l’abacavir (Ziagen, ABC, que l’on trouve aussi dans la Kivexa, Trizivir et Triumeg). Un simple test sanguin, fait avant le début du traitement, peut déterminer si vous pourriez avoir (ou non) une réaction dangereuse potentielle à l’abacavir. Si votre test est positif, vous pouvez rayer ce médicament de votre liste de choix. Si le test est négatif, une réaction est toujours possible, mais le risque est très bas.

    Interrogez votre docteur sur les signes de la réaction hypersensible afin que vous puissiez trouver l’aide médicale adéquate en cas de réaction à l’abacavir ou à d’autres médicaments contre le VIH.

  • L’interaction entre médicaments

    Lorsqu’un médicament affecte un autre (en intensifiant les effets secondaires ou en produisant de nouveaux effets secondaires ou en rendant l’autre médicament moins efficace), cela s’appelle l’interaction entre médicaments. Il est important de choisir des médicaments contre le VIH qui n’interagissent pas avec d’autres médicaments que vous prenez.

    Parlez à vo(s)tre médecin(s) et pharmacien des différents médicaments que vous prenez, y compris les prescriptions, les médicaments en vente libre, les drogues illicites, les compléments nutritionnels ou à base de plantes que vous consommez, afin qu’ils puissent vous indiquer les interactions possibles. Dans certains cas, il y a des médicaments qui ne peuvent être pris ensemble. Dans d’autres cas, cela est possible, mais à condition de faire certains ajustements (par exemple, prendre les médicaments à des heures différentes).

  • Grossesse

    Si vous êtes enceinte ou espérez l’être, dites-le bien à votre médecin, pour qu’il puisse prendre cela en considération lorsqu’il choisira le meilleur traitement VIH pour vous.

  • Autres conditions de santé

    Faites en sorte que votre médecin le sache…

    Si vous avez le moindre risque ou facteur de maladie cardiovasculaire (comme le fait de fumer, d’avoir de hauts niveaux de cholestérol, l’obésité, un terrain familial prédisposant, ou bien si vous consommez des drogues illicites comme la cocaïne ou les amphétamines), parce que le VIH et certains médicaments contre le VIH peuvent augmenter le risque de maladies cardiaques. Une bonne combinaison empêchera cela,

    Si vous avez l’hépatite B ou C ou bien d’autres problèmes de foie, une insuffisance rénale, la tuberculose, une dépression ou bien d’autres problèmes de santé mentale ou émotionnelle, puisque certains médicaments pourraient ne pas être recommandés dans ces situations.

  • Les effets secondaires

    « J’avais les pires effets secondaires avec mes anciens médicaments… J’ai débuté mon nouveau traitement en août 2012. Je remercie le ciel que les médicaments du VIH se soient amélioré. Je n’ai eu aucun effet secondaire par la suite. Mes médicaments et moi allons super bien maintenant ».

    —Gladys

    « Pour ma première combinaison, j’avais de la chance parce que j’avais plusieurs options. J’étais inquiète sur les changements possibles sur mon corps et je voulais quelque chose de facile à prendre… Au début, je faisais des rêves bizarres et mon humeur changeait. Ces effets secondaires reviennent de temps à autre, mais je suis contente de mon choix dans l’ensemble ».

    —Ladidee

    Avec les médicaments nouvelle génération VIH, beaucoup de gens ne connaissent aucun effet secondaire. De plus, nous savons maintenant que le plus tôt vous êtes diagnostiqué, le plus vite vous débutez votre traitement VIH (en d’autres termes, plus le temps est court entre l’infection et le début du traitement), et moins vous pourriez connaître d’importants effets secondaires suite à la prise de médicaments.

    Cependant, les effets secondaires sont, d’une certaine manière, une question de chance : vous pouvez en avoir, ou non. Si vous avez des effets secondaires, ils peuvent disparaître en peu de temps par eux-mêmes ou bien s’atténuer grâce à des médicaments en vente libre, comme l’acétaminophène pour les maux de tête ou l’anti histamine pour les éruptions cutanées. Chaque médicament de votre combinaison pour lutter contre le VIH est associé à de nombreux effets secondaires, certains étant plus courants que d’autres et certains étant particulièrement rares, mais cela ne veut pas dire que vous allez connaître l’un ou l’autre de ces effets.

    Demandez à votre médecin les effets secondaires les plus courants pour les médicaments de votre combinaison. Parlez des moyens que vous avez pour minimiser certains de ces effets secondaires, quitte à les vivre. Les pharmaciens seront une excellente source d’informations.

  • Adhésion au traitement

    Pour conserver l’efficacité de votre traitement, vous devrez suivre de manière constante votre programme et prendre vos pilules en temps et en heure. Le fait de devoir s’habituer à prendre des médicaments tous les jours peut représenter un défi au début. Pensez à votre routine quotidienne et si oui ou non vous aurez à faire des changements pour vous accommoder avec votre programme de pilules à prendre. Connaître les bénéfices du traitement peut vous aider à penser à vos pilules. Il y a aussi bien des astuces, conseils et soutiens à l’extérieur pour vous aider.

  • Situations sociales et au travail

    « Apprenez à connaître votre mode de vie et vos habitudes et n’ayez pas peur d’en parler avec votre médecin. Cela peut vous aider à identifier le traitement qui conviendra le mieux à votre rythme. Et ne perdez pas de vue la raison pour laquelle vous suivez un traitement HIV. Les plaisirs de la vie des années à venir font que ces petits tracas valent le coup ».

    —Ken

    Est-ce que votre famille, vos amis, vos collègues ou vos colocataires connaissent votre statut ? Est-ce que prendre des médicaments ou les avoir près de vous au quotidien peut constituer un problème ? Si oui, imaginez des stratégies pour éviter à devoir révéler votre séropositivité à des gens avec qui vous ne vous sentez pas assez à l’aide pour partager cet élément important de votre vie. Où allez-vous garder vos médicaments ? Quand et où allez-vous les prendre ?

  • Planifier les doses

    C’est important de choisir un traitement qui s’intègre parfaitement avec votre emploi du temps. Par exemple, de nombreux médicaments contre le VIH n’imposent pas de restrictions alimentaires, mais certains doivent être pris au moment du repas, tandis que d’autres s’avalent le ventre vide. Parlez à votre médecin de la manière dont votre traitement peut s’intégrer dans votre mode de vie. Aujourd’hui, le traitement VIH est plus facile à prendre qu’avant. La plupart des gens ne prennent qu’une pilule par jour.

  • Payer votre traitement

    Pour couvrir les frais inhérents aux dépenses médicales contre le VIH, beaucoup de gens comptent sur des régimes d’assurances-médicaments, soit privés (généralement à travers votre société) soit publics (à travers des plans provinciaux ou territoriaux). Certaines personnes sont couvertes par des régimes fédéraux. C’est le cas des réfugiés, du corps militaire, des employés du gouvernement fédéral, des retraités, des prisonniers fédéraux et des personnes indigènes désignées qui vivent dans des réserves.

    Le type de médicaments pris en charge varie d’un régime à l’autre. Si vous avez une assurance privée, contactez votre compagnie d’assurance pour savoir quels médicaments antirétroviraux sont compris dans vos prestations et demandez des précisions sur les termes de la couverture médicale. Pour en savoir plus sur les régimes provinciaux et territoriaux, ou sur les autres avantages des médicaments, parlez-en à votre médecin.

    Chaque province et territoire a une liste appelée “formulaire”, qui comprend tous les médicaments couverts par le régime. La plupart des médicaments antirétroviraux sont couverts dans la plupart des formulaires provinciaux et territoriaux. Cependant, cela peut s’assortir de conditions spéciales ou de restrictions. Par exemple, certains médicaments ne peuvent être couverts que si vous avez déjà testé d’autres médicaments avant. Aussi, cela peut prendre du temps à un nouveau médicament d’être approuvé sur un formulaire.

    Il y a plusieurs manières d’obtenir une aide financière si certains médicaments ne sont pas couverts par votre régime provincial ou territorial, ne désespérez donc pas. Votre médecin, pharmacien ou organisation locale du VIH peuvent vous donner plus d’informations sur les moyens de payer son traitement contre le VIH.

  • Quelle doit être votre combinaison ?

    Le groupe de médicaments possibles pour votre première combinaison est justement bien défini. Actuellement, les consignes du traitement recommandent plusieurs combinaisons initiales possibles.

Faire en sorte que le traitement fonctionne

Dès lors que vous avez commencé à prendre des médicaments contre le VIH, le but est de faire en sorte que votre traitement fonctionne. Dans cette section, nous allons évoquer certaines choses qui vous aideront à bien faire cela. Prendre vos pilules telles qu’elles sont prescrites (adhésion au traitement) est crucial pour la réussite de votre traitement sur le long terne. Nous proposons des conseils et astuces que d’autres ont trouvé utiles. Vous et votre médecin allez suivre votre santé pas à pas, pour voir si le traitement remplit sa mission.

  • L’adhésion est la clé !
  • veiller sur votre santé;
  • comment savoir si votre traitement fonctionne ;
  • arrêter le traitement ?
  • L’adhésion est la clé !

    De nos jours, les traitements contre le VIH peuvent être très simples : beaucoup de personnes ne prennent qu’une pilule par jour pour garder le virus sous contrôle. Mais une chose n’a pas changé : c’est la réalité selon laquelle le traitement VIH est un engagement de toute une vie, qui requiert de prendre des médicaments tous les jours, exactement tel que prescrit. C’est ce que l’on appelle l’adhésion.

    Votre traitement ne fonctionnera que si vous y travaillez chaque jour. Vous astreindre au respect de votre programme (pour la prise de pilules) est important parce que ces médicaments disparaissent rapidement de votre corps alors que vous avez besoin d’un certain taux de médicaments pour lutter contre le virus. Si vous oubliez de prendre trop de pilules et développez une résistance à ces médicaments, ils ne seront plus en mesure de contrôler votre VIH. Bien qu’il puisse y avoir d’autres combinaisons efficaces pour vous, il est préférable de garder le traitement initial le plus longtemps possible.

    « Tous mes patients connaissent mon mantra pour la prise de pilules : “si vous la prenez, cela va fonctionner, et même, pour toute la vie. Alors, travaillons ensemble pour vous aider à prendre (et à garder l’habitude) vos pilules antirétrovirales chaque jour. Rappel par message, application, alarmes, post-it, peu importe ce qu’il faut ». Je dis aux gens que la plupart d’entre nous ont des engagements plus importants que de prendre une pilule par jour et se rendre à des bilans ou examens. Avec un traitement et un soin efficaces, le VIH peut être gérable ».

    —Docteur Lisa Barrett, spécialiste des maladies infectieuses

    Votre médecin et votre pharmacien doivent être capables de vous aider à adhérer à votre programme de prise de pilules, faites donc en sorte d’en discuter avec eux.

    Voici quelques astuces utiles :

    Prenez votre médicament chaque jour à la même heure,

    mettez une alarme en route sur votre téléphone ou votre montre pour vous rappeler de prendre votre pilule. Cela est d’autant plus pratique lorsque vous voyagez. Ou prenez un petit « biper » (demandez à votre pharmacien). Il y a aussi beaucoup d’applications qui peuvent vous rappeler qu’il est l’heure de prendre votre pilule,

    gardez vos médicaments près de votre lit, dans un placard de votre cuisine que vous ouvrez souvent, ou quelque part où vous pourriez y penser facilement,

    gardez de petites réserves de médicaments dans les endroits que vous fréquentez régulièrement, comme chez votre famille ou votre partenaire, ou éventuellement à votre bureau,

    si vous prévoyez un voyage, organisez-vous. Prenez le nombre de pilules nécessaires pour le temps passé là-bas, plus une dose supplémentaire en cas d’imprévu. Pendant le vol, prenez toujours vos pilules et votre prescription avec vous, ne les mettez pas dans vos bagages en soute. Si votre bagage venait à se perdre, vous seriez sans médicament,

    utilisez des boîtes pour pilules en plastiques (“dosettes”) pour stocker l’équivalent d’une semaine de pilules. Certaines pharmacies mettront vos pilules dans des cloques en plastique en fonction du jour de prise à suivre,

    faites en sorte de ne jamais manquer de médicaments,

    parlez avec d’autres personnes qui vivent avec le VIH et apprenez de leurs expériences,

    développez un réseau de gens qui peuvent vous soutenir et vous rappeler de prendre vos médicaments.

    Si vous avez des difficultés à prendre vos médicaments tels que prescrits, n’ayez pas peur de demander un peu d’aide. Peut-être que vous vous sentez mal et déprimé, vous voyagez peut-être beaucoup, peut-être que votre vie n’est pas aussi stable ces derniers jours, ou bien peut-être que vous utilisez des substances… Tous ces éléments peuvent affecter votre adhésion. Ou peut-être que vous trouvez simplement difficile de vous rappeler chaque jour de prendre vos médicaments ! Vous n’êtes pas le/la seul(e). Parlez à votre médecin, infirmière ou pharmacien et aux gens de votre organisation locale du VIH pour trouver un moyen d’être soutenu.

    L’adhésion peut être un véritable défi. Manquer une dose occasionnellement n’est pas la fin du monde, ne paniquez pas. Faites de votre mieux pour garder votre objectif en tête : vous ferez fonctionner votre combinaison aussi longtemps que possible et vous ferez du bien sur le long terme.

  • Veiller sur votre santé

    “Mon praticien général (PG) est un médecin compatissant qui passe du temps supplémentaire à m’écouter et à parler avec moi, car il sait que j’ai souffert de dépression. Il est là pour m’aider et me soutenir”.

    —Randy

    Des visites régulières à votre médecin pour surveiller votre santé font partie de la routine lorsque l’on a le VIH. Durant ces visites, vous pouvez poser des questions ou parler des changements que vous ressentez dans votre corps. Votre médecin pourra aussi vous faire un examen physique pour suivre ces problèmes spécifiques.

    On prélèvera aussi de votre sang pour l’envoyer au laboratoire quelques fois par an, plus particulièrement la première année de traitement. Votre sang sera testé pour plusieurs raisons. Deux tests sanguins importants seront faits pour mesurer votre charge virale et votre taux de CD4. D’autres tests de routine pourront mettre l’accent sur un souci de santé particulier notamment si vous n’avez pas de symptômes apparents.

    Comment vous vous sentez : chaque fois que vous voyez votre médecin, dites-le-lui, dites-lui comment vous vous êtes senti récemment, particulièrement si vous avez remarqué quelque chose d’inhabituel ou de nouveau. Cela peut inclure des changements d’humeur et de santé mentale. Si vous vous êtes senti mal ou déprimé, dites-le. Votre médecin vous posera d’autres questions.

    Votre charge virale correspond au taux de VIH dans votre sang. Un test de charge virale permet de mesurer ce taux, grâce à un échantillon de sang. Les résultats sont le nombre de copies des matériels génétiques du VIH (appelés les ARN) dans un millilitre de sang. Sans traitement, la charge virale d’une personne peut s’élever à plusieurs millions de copies par ml.

    « Je me sens bien quand je reçois ce résultat d’indétectabilité tous les trois mois. C’est toujours la première chose que je demande à mon médecin. Cela signifie que je n’ai pas à changer mon traitement et que tout va bien jusqu’à la prochaine vérification de ma charge virale. C’est encourageant, une affirmation positive sur le fait que je m’en sors bien. J’ai plusieurs résistances à des médicaments, donc ne pas avoir à changer mon régime est un grand soulagement ».

    —Murray

    Les tests classiques au Canada peuvent mesurer des niveaux aussi bas que 40 à 50 copies par ml. En dessous de ce niveau, votre virus est considéré comme indétectable (ce sont là les tests de charge virale les plus sensibles, mais ils ne sont utilisés que dans des laboratoires spécialisés et dans certaines cliniques de tests).

    Votre charge virale est la mesure la plus importante pour savoir si oui ou non votre traitement fonctionne. Le but principal de ce traitement est d’atteindre la charge virale indétectable aussi vite que possible et de la garder à ce niveau.

    Une charge virale “indétectable” ne signifie pas que vous n’êtes pas infecté par le VIH. Cela signifie que le taux de VIH dans votre sang est trop bas pour être mesuré via des tests de routine classiques. Si vous oubliez de prendre des doses, si vous arrêtez votre traitement ou si votre VIH devient résistant à vos médicaments, votre charge virale va redevenir détectable (c’est-à-dire, passer au-dessus de 40 ou 50 copies par ml). Dans ce cas, il faudra changer votre traitement.

    Votre taux de CD4 est une des mesures qui indique à quel point votre système immunitaire est fort, c’est-à-dire, comment il lutte contre les infections. Le taux de CD4 descend généralement lorsque le VIH endommage votre système immunitaire et il remonte lorsque votre système immunitaire reprend des forces grâce au traitement.

    Un taux normal de CD4 chez une personne séronégative se trouve généralement entre 500 et 1500 cellules. Le plus vite vous débutez un traitement, plus votre taux de CD4 restera élevé ou grimpera à un niveau plus élevé.

    Généralement, votre taux de CD4 doit être vérifié tous les trois à six mois. Le taux de CD4 est mesuré dans les cellules au millimètre cube (cellules/mm3, un millimètre cubique fait la taille d’une tête d’épingle).

    En savoir plus sur la vie saine

  • Comment savoir si votre traitement fonctionne

    « J’ai eu quelques écarts au fil des années, mais lorsque nous avons fait le bilan de suivi, j’ai été à chaque fois diagnostiqué indétectable. Lorsqu’il y a un écart, je commence à m’inquiéter, mais je reste persuadé que nous allons pouvoir gérer ça. J’ai l’impression que tout est plus simple à gérer maintenant qu’il s’agit de mon VIH. Mon attention est portée sur le fait de vivre plus longtemps et de vieillir avec mon VIH et tous les problèmes que cela implique ».

    —Murray

     

    « Être indétectable me donne l’espoir pour plus d’options dans le futur. Cela signifie de laisser les infections de côté. Cela me permet de me concentrer sur des choses plutôt que sur le fait que je suis porteuse du VIH ».

    —Tracy

    « Lorsque j’ai été diagnostiqué, j’avais un taux de CD4 très bas et une charge virale haute. Cela n’a pas pris longtemps avant que mes cellules CD4S atteignent les 1200s et seulement six mois après, ma charge virale était indétectable. En dehors du fait d’avoir à prendre une pilule chaque jour, ma vie ne semble affectée que virtuellement par la maladie. J’ai eu assez de chance pour tomber amoureux de quelqu’un qui est séronégatif et notre relation se porte très bien ».

    —Jon

    Le traitement du VIH doit ramener votre charge virale au niveau indétectable et cela doit augmenter votre taux de CD4.

    Votre charge virale doit devenir indétectable et doit le rester. Pour la plupart des gens, cela prend de trois à six mois, bien que cela prenne moins de temps pour certaines personnes, et plus pour d’autres. Certaines personnes voient des écarts occasionnels dans leur charge vitale. Un « écart » est lorsque votre charge vitale devient détectable, même à un niveau très bas, au moment du test, et qu’elle redevient indétectable lors du test suivant. Un seul écart n’est pas une cause alarmante, mais deux mesures détectables à la suite peuvent être un signe que le traitement ne fonctionne plus. C’est sans doute un signal à prendre au sérieux, dont il faut parler avec votre médecin.

    Si votre taux de CD4 avait déjà diminué lorsqu’on vous a diagnostiqué le VIH, il faudra sans doute plus de temps à votre taux de CD4 pour grimper qu’à votre charge virale pour baisser. Lorsque le VIH est supprimé avec succès, votre système immunitaire se mobilise et votre taux de CD4s augmente.

    Votre équipe de santé peut vous aider à faire de votre programme de prise de pilule un évènement gérable, et si vous avez des effets secondaires, ils peuvent vous aider à faire face.

    Beaucoup de gens s’étant sentis malades au moment du diagnostic ont commencé à se sentir mieux après le début du traitement. Et leur santé s’améliore. Les personnes sous traitement sont souvent plus confiantes à propos de leur santé, de leurs vies sexuelles et avec le fait qu’ils vivent avec le VIH.

  • Arrêter le traitement ?

    En un mot : non ! Le traitement du VIH est continu, une nécessité à maintenir tout au long de la vie. Cela est dû au fait que le VIH peut rester à l’intérieur de cellules infectées du corps pendant un long moment, et que le processus de réplication du VIH s’accélère dès lors que le traitement est stoppé.

    Si, pour une quelconque raison, vous avez besoin d’arrêter votre traitement pendant une période limitée, votre médecin peut vous conseiller sur la procédure à suivre, de sorte qu’aucune résistance aux médicaments ne se développe.

     

    Changer votre traitement

    Parfois il faut, ou vous avez envie, de changer votre traitement du VIH. Plusieurs raisons sont à l’origine de cela :

    Parfois, le traitement ne parvient pas à contrôler le VIH. La charge virale d’une personne ne descend pas en dessous du niveau indétectable ou bien cela arrive, mais juste après, le taux remonte à un niveau détectable,

    une personne ne peut pas supporter certains aspects du traitement (généralement les effets secondaires) même si leur taux de CD4 et leur charge virale sont bons,

    un nouveau traitement du VIH avec moins d’effets secondaires et un dosage plus facile à prendre est désormais disponible.

    Vous aurez besoin de travailler avec votre médecin pour faire le nécessaire en cas de changement de traitement. N’arrêtez pas le traitement en cours tant que vous n’en avez pas discuté avec votre médecin. Stopper de manière soudaine la prise d’un médicament pourrait avoir des conséquences inattendues, y compris le fait que le virus développe une résistance aux médicaments.

    • Si votre traitement ne fonctionne pas,
    • si vous ressentez des effets secondaires,
    • si un nouveau traitement du VIH semble meilleur.

     

    Si votre traitement ne fonctionne pas

    Votre charge virale est le meilleur moyen de savoir si votre traitement du VIH fonctionne ou non. Si votre traitement réussit, votre charge virale chute au niveau indétectable et y reste. Si votre charge virale reste détectable six mois après le début du traitement, cela peut vouloir dire que le traitement n’est pas efficace. Ou alors, si vous êtes sous traitement depuis un moment avec une charge virale indétectable et que, soudainement, votre charge virale devient détectable et le reste, c’est peut-être le signe que votre traitement a cessé de fonctionner.

    Vous aurez alors, vous et votre médecin, à déterminer pourquoi le traitement ne fonctionne pas. La raison la plus courante, bien que ce ne soit pas la seule, est que trop de doses journalières ont été oubliées. Il faudra aussi vérifier si votre virus n’a pas développé une résistance à l’un ou l’autre des médicaments que vous prenez.

    Des tests de résistance peuvent détecter les changements du virus et indiquer quels médicaments peuvent mieux fonctionner pour vous.

    Si ces tests montrent que votre virus est résistant aux médicaments, il faudra, avec votre médecin, décider d’une nouvelle combinaison, celle qui aura le plus de chance de venir à bout du virus et de le contrôler. Pour que votre prochaine combinaison soit efficace, il faudra identifier quels médicaments ne fonctionnent plus et les remplacer avec des médicaments efficaces contre le virus. Idéalement, la nouvelle combinaison doit contenir trois médicaments totalement efficaces. L’expertise de votre médecin en la matière sera cruciale dans ces moments.

     

    Si vous ressentez des effets secondaires

    « Je suis toujours sur mon deuxième cocktail de pilules et sur un autre qui semble revenir de loin… Ce qui m’a amené à changer mes habitudes, mais je n’ai pas eu d’effets secondaires. Ma charge virale a été indétectable depuis quelques mois, après le début du traitement ».

    —Murray

    Si votre traitement du VIH est efficace sur votre charge virale, mais que vous ressentez des effets secondaires, parlez-en avec votre médecin.

    De nombreux effets secondaires disparaissent après quelques jours ou semaines. D’autres peuvent facilement être contenus grâce à des médicaments en libre-service, ou simplement en changeant l’heure de prise du médicament anti-VIH. Votre médecin et votre pharmacien auront sûrement des suggestions. Votre médecin pourra vous suggérer de changer votre traitement vers une nouvelle combinaison qui, avec un peu de chance, aura moins (ou plus du tout) d’effets secondaires.

    Si un nouveau traitement du VIH semble meilleur

    Certaines personnes adoptent une approche de leur traitement du VIH en disant « si cela n’est pas cassé, pourquoi le réparer ? ». D’autres cherchent plus de confort et un traitement qui s’intègre mieux dans leur mode de vie. De fait, votre traitement du VIH peut fonctionner correctement, sans effet secondaire, mais vous avez entendu parler d’un traitement qui semble plus facile à prendre, ou d’une certaine façon meilleur que celui que vous prenez actuellement.

    Parlez à votre médecin de ces traitements dont vous entendez parler et interrogez-le/la sur les possibles évolutions de votre traitement. Votre médecin peut vous aider à décider si oui ou non il est pertinent pour vous de changer de médicaments, et il pourra tout vous expliquer sur la manière de changer un traitement tout en évitant à votre VIH de développer une résistance à ces derniers.

    With that, we wish you the best with your HIV treatment. We hope this resource has inspired you and given you confidence that you can live a long and healthy life with HIV.

    Avec cela, nous vous souhaitons le meilleur dans le cadre de votre traitement du VIH. Nous espérons que cette ressource vous a inspiré et donné confiance sur le fait que vous pouvez connaître une vie longue et saine avec le VIH.

Mode de vie sain

Sommaire:

  • Manger correctement,
  • maintenir un poids correct,
  • hydrates de carbone, graisses et protéines,
  • sécurité alimentaire,
  • alimentation et médicaments anti-VIH,
  • prendre les vitamines et les minéraux dont votre corps a besoin,
  • faire de l’exercice,
  • gérer son stress.

L’un des meilleurs moyens de bien vivre avec le VIH (en dehors du fait de prendre des médicaments anti-VIH) est de travailler au quotidien pour vous sentir sain, heureux et détendu. Comme les anciens diraient « vivre bien est la meilleure des revanches ! ». Ce Chapitre se concentre sur des stratégies proactives, des options et des idées pour vous aider à adopter et garder un mode de vie sain, pour réduire les risques et prendre le contrôle de votre propre bien-être. Trouver le bon équilibre pour votre corps et votre style de vie peuvent rendre la vie avec le VIH beaucoup plus facile.

  • Manger correctement

    Avoir une alimentation équilibrée basée sur de la nourriture fraîche, à l’état brut, est important pour la santé.

    Avoir une alimentation basée sur de la nourriture fraîche, à l’état brut, est important pour la santé.

    Mais qu’est-ce que manger correctement signifie exactement ? Pour vous aider à comprendre comment faire des choix de nourriture sainement, le Guide Alimentaire du Canada recommande que vous mangiez une portion de chacun des groupes suivants tous les jours :

    Au moins sept portions de fruits et légumes,

    six à huit portions de produits céréaliers,

    deux à trois portions de produits laitiers et ses substituts,

    deux à trois portions de produits carnés et ses substituts.

    Au début, cela peut sembler beaucoup ! Pourtant, vous n’avez besoin que d’un bout de pain ou d’une demi-tasse de riz pour atteindre votre portion de céréales journalière. De la même façon, la moitié d’une tasse de légumes frais, congelés ou en conserve, ou une demi-tasse de jus de fruits, est tout ce dont vous avez besoin pour atteindre votre dose de fruits et légumes. Une portion de viande ou des substituts peuvent être deux œufs, deux cuillères à café de cacahuète ou de beurre de cacahuètes, ou seulement une demi-tasse de viande ou poisson cuisiné.

    Le Guide Alimentaire du Canada montre le chemin de la bonne nutrition pour tous les Canadiens, mais cela n’est pas toujours adapté à la prise en compte de régimes particuliers, notamment de communautés ethnoculturelles. Cela ne prend pas non plus en compte les considérations diététiques spécifiques que vous pourriez avoir comme séropositif. Parlez à votre médecin, nutritionniste, naturopathe, diététicien, infirmière ou d’autres prestataires de soins si vous avez des questions relatives au VIH, à l’alimentation et la nutrition.

  • Maintenir un poids correct

    Maintenir un poids correct peut être un défi. Certaines personnes séropositives trouvent difficile de garder un certain poids. D’autres ont tendance à prendre du poids, c’est souvent la forme peu saine du gras.

    Maintenir un poids correct peut être un défi. Certaines personnes séropositives trouvent difficile de garder un certain poids. D’autres ont tendance à prendre du poids, c’est souvent la forme peu saine de gras. La redistribution du gras associée à des effets secondaires de certains médicaments anti-VIH peut rendre ce problème plus épineux.

    Vous méritez de vous sentir bien et au mieux, mais vous devez aussi faire en sorte d’avoir une nutrition saine, qui apporte tout ce dont vous avez besoin. Cherchez des moyens sains de perdre ou gagner du poids. Chaque régime de perte de poids qui met trop l’accent sur un certain nombre d’aliments restreints, ou bien vous prive de certains nutriments, c’est non ! De même, si vous cherchez à gagner du poids, vous devriez inclure un large éventail de nourriture dans votre régime et évitez les graisses saturées et les acides gras. Dans la plupart des cas, faire attention à votre alimentation doit être accompagné par la pratique d’une activité physique régulière. Parlez de vos projets de perte ou de gain de poids avec votre médecin, diététicien, nutritionniste, naturopathe, infirmière ou d’autres prestataires de soins.

  • Hydrates de carbone, matières grasses et protéines

    Les hydrates de carbone, les matières grasses et les protéines sont les fondements d’un régime alimentaire. Votre corps en a besoin pour fournir l’énergie nécessaire à la conduite de vos activités de tous les jours. Les calories sont la mesure courante de l’énergie dans plusieurs aliments. Connaître le nombre de calories dans les aliments vous aidera à mieux comprendre comment fonctionne l’énergie alimentaire et ce dont votre corps a besoin chaque jour en fonction de l’âge, du poids, du genre et d’autres facteurs.

    Les hydrates de carbone ou les matières grasses sont une source première d’énergie alimentaire saine et doivent être consommées à chaque repas.

    Les hydrates de carbone ou les matières grasses sont une source première d’énergie alimentaire saine et doivent être consommées à chaque repas. Il y a deux sortes d’hydrates de carbone : les glucides simples et les glucides complexes.

    Les glucides complexes comprennent les céréales complètes, les haricots et les poids, les fruits et légumes. Ces aliments sont considérés comme sains parce qu’ils nécessitent du temps avec d’être totalement ingurgités par votre corps, pour augmenter les niveaux de sucre du sang (ou glucose) de manière progressive, afin de vous donner une source constante d’énergie. Les glucides complexes sont aussi de bonnes sources en fibres, vitamines et minéraux.

    Les glucides simples comprennent les sucres, les jus de fruits et les aliments riches en amidon, comme le riz blanc ou le pain blanc. On trouve les glucides simples dans la plupart des aliments à l’état brut, ils permettent d’augmenter rapidement le taux de sucre dans le sang pour vous donner un boost d’énergie. Cette augmentation rapide est suivie d’une baisse soudaine de sucre dans le sang, ce qui peut vous épuiser. Contrairement aux glucides complexes, les glucides simples ne sont pas habituellement une bonne source de nutriments, de vitamines, de minéraux ou de fibres.

    Dans la mesure du possible, vous devez essayer de manger des glucides complexes et de limiter votre consommation de glucides simples. L’une des meilleures façons d’inclure des glucides complexes dans votre régime est de remplacer du riz blanc par du riz complet, le pain blanc par du blé entier, et utiliser des pâtes aux céréales ou bien aux épinards.

    Faites en sorte que votre régime contienne le type de matières grasses saines. Les graisses non saturées, les acides gras mono-insaturés et les acides gras riches en omega-3 sont bons pour votre santé.

    Nous avons tous déjà entendu de mauvaises choses sur les matières grasses au cours des années. En fait, les matières grasses sont une partie essentielle de notre régime alimentaire, puisqu’elles fournissent la forme d’énergie la plus importante issue des aliments. Il y a différents types de matières grasses, certaines sont saines et d’autres non, plus particulièrement pour certaines personnes infectées par le VIH. Faites en sorte que votre régime alimentaire contienne la version saine de ces graisses.

    Les matières grasses non saturées, les acides gras mono-insaturés et les acides gras riches en omega-3 sont bons pour votre santé. On les trouve chez différents végétaux, comme dans l’huile d’olive, l’huile de colza, l’huile de lin, les noix et les avocats. Le saumon est aussi une excellente source d’omega-3.

    Les graisses saturées et les acides trans gras ne sont pas bons pour la santé, surtout celle de votre coeur, parce qu’ils peuvent boucher vos veines et vos artères, augmentant ainsi le risque de maladie cardiaque. Éviter les graisses saturées et trans est important pour certaines personnes atteintes du VIH parce que certains médicaments peuvent augmenter leurs niveaux de cholestérol.

    Les graisses saturées se trouvent principalement dans les graisses animales et laitières, et ne doivent être consommées que de manière restreinte. Les graisses trans se trouvent dans les snacks et les aliments issus des restaurations rapides. Elles sont aussi connues pour être pleines d’huile hydrogénée. La plupart des graisses utilisées en boulangerie et celles utilisées pour faire frire les aliments dans les restaurants sont des sources importantes de graisses trans. Puisque des risques importants de santé ont été associés aux graisses trans, il est recommandé de les éviter complètement dans le cadre d’un régime alimentaire.

    Les étiquettes des aliments contiennent des informations sur ce que le produit que nous mangeons contient. Lisez attentivement l’étiquette sur les canettes, les cartons ou les bouteilles pour en savoir plus sur le contenu de ce que vous mangez. Cette information vous aidera à éviter ou réduire la quantité de graisses saturées, trans, de glucides simples et autres choses qui ne sont pas bons pour votre alimentation.

    Les protéines sont un autre élément important de votre régime. Les protéines aident votre corps à produire des hormones, des enzymes, des structures cellulaires, et certaines parties de votre système immunitaire. Les protéines aident aussi à construire et maintenir une masse musculaire mince. Les protéines se trouvent dans tous les viandes, poissons et crustacés, œufs et légumes (haricots et pois), cacahuètes et beurre de cacahuètes, noix et graines, produits laitiers, incluant le fromage et les yaourts, et les produits à base de soja comme le tofu ou le lait de soja.

    Il est important de savoir que si vous souffrez d’une pathologie médicale particulière, il faut en parler à votre médecin : la consommation de certains aliments ne serait pas conseillée dans votre cas, par exemple si vous consommez des protéines alors que vous avez un problème de rein.

  • Sécurité alimentaire

    Une maladie du VIH non traitée rend votre corps plus susceptible à la contraction de bactéries d’autres maladies, que l’on trouve dans les aliments ou l’eau.

    Une maladie du VIH non traitée rend votre corps plus susceptible à la contraction de bactéries d’autres maladies, que l’on trouve dans les aliments ou l’eau. Dans les années ayant précédé les médicaments anti-VIH efficaces, beaucoup de gens vivant avec cette maladie ont été infectés par des maladies mortelles à cause d’une contamination par les aliments ou l’eau. Même si ce type de situation n’a plus lieu d’être aujourd’hui, il est toujours important de respecter certaines règles de préparation :

    faites en sorte que vos mains et les surfaces que vous utilisez pour cuisiner la nourriture soient propres,

    assurez-vous que la viande et les fruits de mer soient suffisamment cuits,

    pelez et lavez les fruits et légumes avec attention,

    évitez les aliments ayant dépassé leur date de péremption ou ayant atteint leur date limite,

    gardez la viande crue, la volaille et les fruits de mer séparés des aliments prêts à être consommés, comme les fruits ou les salades, même chose pour les produits cuisinés. Cela comprend de faire attention à ne pas réutiliser votre planche à découper pour de la nourriture toute prête si cela a été utilisé juste avant pour de la viande crue ou des fruits de mer,

    ne laissez pas de nourriture à l’extérieur du frigo à chaleur ambiante trop longtemps. Gardez les préparations chaudes chaudes et les choses froides froides,

    prenez en compte les alertes sur la contamination alimentaire.

    Vous avez un meilleur contrôle sur ces choses si vous préparez votre nourriture chez vous. Si vous dînez à l’extérieur, il est préférable d’éviter la viande crue ou les aliments pouvant ne pas être assez cuits, comme le poisson, la volaille et les viandes.

  • Alimentation et médicaments anti-VIH

    Certains médicaments anti-VIH sont faits pour être pris indépendamment du repas. Il est important de connaître les instructions alimentaires spécifiques pour que votre médicament anti-VIH fonctionne aussi bien que possible.

    Certains aliments interagissent avec les médicaments anti-VIH. Cela signifie que certains aliments peuvent changer la manière dont votre corps absorbe les médicaments que vous prenez. Parlez donc à votre médecin ou à votre pharmacien des considérations alimentaires spécifiques pour chaque médicament anti-VIH qui vous est prescrit. Aussi, demandez s’il est possible ou non de prendre votre médicament en mangeant. Il est important de connaître les instructions alimentaires spécifiques pour que votre médicament anti-VIH fonctionne aussi bien que possible.

  • Prendre les vitamines et les minéraux dont votre corps a besoin

    Un régime sain doit fournir toutes les vitamines et les minéraux dont votre corps a besoin. Cependant, pour des raisons médicales ou de style de vie, les personnes infectées par le VIH ont parfois des difficultés à obtenir tous les nutriments nécessaires rien qu’avec leur nourriture. Cela signifie que votre corps pourrait manquer de certaines vitamines et de certains minéraux qui offrent un fonctionnement normal du corps humain.

    Des compléments alimentaires : vitamines et minéraux

    Pour des raisons médicales ou de style de vie, votre corps pourrait manquer de certaines vitamines et de certains minéraux qui offrent un fonctionnement normal du corps humain. Prendre une multivitamine par jour est donc fortement recommandé.

    La maladie du VIH et certains des effets secondaires des médicaments anti-VIH peuvent rendre difficile l’absorption de vitamines et de minéraux de votre nourriture, donc prendre une multivitamine est fortement recommandé.

    Votre médecin, nutritionniste ou naturopathe peut déterminer si votre régime ne vous fournit pas assez de vitamines ou de minéraux adéquats. Dans ce cas, prendre des compléments alimentaires est une bonne idée. Parlez avec eux des atouts d’une prise de compléments alimentaires dans le cadre d’une infection VIH. Soyez sûr de prendre ces compléments en accord avec les besoins de votre corps et de faire en sorte que cela n’interagisse pas avec d’autres médicaments.

    Certaines organisations fournissent des fonds limités pour que les personnes atteintes du VIH puissent acheter des compléments alimentaires, ou bien mettent à disposition de leurs clients des tubes de compléments alimentaires.

    Les compléments alimentaires de vitamines et de minéraux peuvent coûter très cher parce que, dans la plupart des cas, ils ne sont pas couverts par le régime de santé. Certaines organisations fournissent des fonds limités pour que les personnes atteintes du VIH puissent acheter des compléments alimentaires, ou bien mettent à disposition de leurs clients des tubes de compléments alimentaires. Dans les plus grandes villes, certaines boutiques d’alimentation saine ou de compléments alimentaires proposent des réductions pour les personnes atteintes du VIH.

    Mangez vos légumes ! La soupe au poulet

    Une soupe est un bon moyen d’utiliser les restes.

    Mettez du bouillon de poulet (vous pouvez les acheter en carton, en canettes ou en cubes, ou les faire vous-même) à ébullition dans une marmite. Ajoutez une large sélection de légumes colorés, frais ou congelés : maïs, haricots blancs ou verts, pois, chou, brocolis, oignons, épinards, chou kale, bette, bok choi, carottes, patates… La liste est presque infinie. Si vous n’avez pas de problèmes de ballonnement, les poids préparés ou en conserve comme les lentilles, les haricots rouges ou les pois chiches peuvent être ajoutés pour augmenter le nombre de protéines dans la soupe. Vous pouvez aussi ajouter des restes de poulet et quelques cuillères d’huile d’olive, pour relever le goût et la valeur nutritionnelle. Sel, poivre et autres plantes, comme le persil, la ciboulette, l’origan ou le basilic peuvent être ajoutés pour donner du goût. Au total, cette soupe ne vous prendra que 15 minutes à faire.

    Si vous êtes végétarien, vous pouvez modifier cette recette en partant d’un bouillon de légumes et en ne mettant pas de poulet. Vous pouvez ajouter du fromage ou du tofu pour augmenter la part de protéines et de l’huile de sésame pour donner un fond de saveurs.

    Vous pouvez rajouter, sur la soupe, des croûtons, du parmesan, des noix ou des crackers.

    Faites-en une marmite pleine et mettez-en au frais durant une journée : cela servira si vous n’avez pas envie de cuisiner !

    Les antioxydants

    Les antioxydants sont naturellement créés par le corps, mais on les trouve aussi dans des aliments et des compléments alimentaires. Ils sont importants parce qu’ils neutralisent les molécules que l’on appelle « radical libre » au sein de votre organisme. Les radicaux libres débutent un processus appelé l’oxydation, qui impacte les cellules saines du corps. Le VIH peut intensifier ce processus d’endommagement. Les antioxydants protègent d’un endommagement cellulaire.

    Puisque nous avons compris le rôle que le stress inflammatoire et oxydant peut avoir pour la santé des personnes vivant avec le VIH, surtout dans le cadre de maladies cardiovasculaires, du foie ou du rein, la possibilité de modérer ces effets grâce à un régime riche en antioxydants mérite notre attention.

    Les aliments qui sont riches en antioxydants sont les myrtilles, les poivrons rouges et les épinards, de même que le thé noir ou vert, le vin rouge et le chocolat noir. On peut aussi trouver des antioxydants dans des compléments alimentaires, comme la vitamine C ou E, le coenzyme Q10, le sélénium, le zinc, l’alpha-lipoique et la N-acétyl cystéine (NAC).

    Vitamines B

    Les vitamines B sont idéales pour vous donner plus d’énergie. Les vitamines B se trouvent dans les patates, les bananes, les lentilles, le foie animal, la dinde et le thon, parmi d’autres choses. Si vous n’avez pas assez de vitamines B dans votre régime, vous devriez prendre des compléments de vitamines B1, B2 et B3.

     

    Des teneurs faibles de vitamines B12 dans un régime sont associées à une possible anémie, une perte d’énergie et une incapacité à penser clairement. Votre médecin peut vérifier vos teneurs et, si elles sont trop basses, une injection de vitamine B12 peut vous être prescrite par votre médecin. Cette méthode sera meilleure pour l’organisme que les formules orales ou liquides de vitamines B12.

    Vitamines C

    La vitamine C est l’un des meilleurs antioxydants qui existent. Si vous pensez que votre régime ne comprend pas assez de vitamines C, à travers les fruits et légumes comme le citron, le brocoli, le persil ou le poivron rouge, prenez des compléments alimentaires de vitamines C. Attention : si vous en prenez trop, vous risquez une diarrhée.

    Vitamines D

    Au Canada, beaucoup d’entre nous connaissent des hivers rudes où l’on ne peut pas bénéficier des bienfaits du soleil, dont notre corps a besoin pour créer de la vitamine D.

    La vitamine D aide votre corps à utiliser le calcium de façon adéquate, de même pour d’autres fonctions essentielles. Notre peau crée sa propre vitamine D lorsque nous l’exposons au soleil. Cependant, au Canada, beaucoup d’entre nous connaissent des hivers rudes où l’on ne peut pas bénéficier des bienfaits du soleil, dont notre corps a besoin pour créer de la vitamine D. Puisqu’il est difficile de trouver de la vitamine D dans les aliments, certains aliments ont des vitamines D ajoutées comme le lait, le pain ou la margarine.

    Vitamines E

    La vitamine E est un autre antioxydant des plus efficaces. On le trouve dans l’avocat, les noix et les graines, les végétaux feuillus et dans les huiles végétales comme l’huile de canola, de maïs ou de tournesol. De trop hautes doses de vitamine E peuvent augmenter le risque de maladie cardiaque, dont n’ayez pas la main trop lourde en rajoutant de la vitamine E.

    Calcium

    Le calcium est essentiel pour avoir des os solides. On le trouve dans les produits laitiers comme le lait, le fromage ou le yaourt. Certains médicaments anti-VIH peuvent avoir un effet sur la santé des os, les rendant plus fins. Les personnes plus âgées, notamment les femmes ménopausées et les personnes avec des os affaiblis, doivent s’assurer de consommer assez de calcium. Si vous êtes concerné et pensez ne pas consommer suffisamment de calcium, prenez des compléments alimentaires. Chez certaines personnes, le calcium sous forme de complément alimentaire peut être constipant. Une légère dose de magnésium pourra résoudre le problème.

    Le fer

    Un régime pauvre en fer, ce qui est souvent le cas du régime nord-Américain typique, peut vous rendre sujet à des infections.

    Le fer joue un rôle important pour le système immunitaire. Un régime pauvre en fer, ce qui est souvent le cas du régime nord-Américain typique, peut vous rendre sujet à des infections. Il est important que les personnes séropositives consomment suffisamment de fer, que l’on trouve dans la viande, les poids et haricots secs, dans certaines céréales et autres fruits et légumes. Les compléments alimentaires en fer ne peuvent être délivrés que sur ordonnance de votre médecin ou de votre nutritionniste.

    Le sélénium

    Le sélénium est un micronutriment essentiel qui joue un rôle important sur la façon don’t fonctionne la glande thyroïde. On en trouve dans les noix (notamment les noix du Brésil), les céréales, la viande, le poisson et les œufs.

    Le zinc

    Le zinc participe à la bonne santé du système immunitaire. Les viandes, la volaille et les poissons contiennent du zinc en grande quantité. Si vous êtes végétarien, les pépins de citrouilles, de même que le lait ou le fromage, les haricots et le riz complet en contiennent aussi.

    D’autres compléments alimentaires pour les personnes atteintes du VIH

    Les personnes atteintes du VIH peuvent bénéficier d’autres compléments alimentaires, comme :

    acide alpha-lipoique,

    carnitine,

    N-acétyl cystéine (NAC),

    L-glutamine,

    probiotiques,

    coenzyme Q10.

    Un smoothie aux fruits arc-en-ciel

    Mettez une banane mûre et coupée en tranches dans un blender. Puisque la couleur d’un fruit est là où se trouvent les nutriments, ajoutez un arc-en-ciel de fruits frais ou congelés dans votre blender, jusqu’à ce qu’il soit plein aux trois quarts. Ajoutez du jus d’orange (frais, pressé de préférence) jusqu’à la limite des fruits. Mixez, ajoutez quelques cuillères à café de yaourt et mixez de nouveau. Voilà une manière délicieuse de démarrer votre journée !

    Il existe bien des variations de cette recette basique. Vous pouvez ajouter du jus de cranberry, du jus de mangue congelé, du concentré de pamplemousse ou un peu de gingembre. Le gingembre et le pamplemousse ont des vertus antioxydantes, anti-inflammatoires et efficaces contre le cancer. Si vous avez besoin de calories supplémentaires dans votre régime, ajoutez du lait de coco à la place des jus de fruits. Si vous avez besoin de plus de protéines, ajoutez de la poudre de protéines. Faites de ce smoothie ce qu’il vous plaira !

  • Faire de l’exercice

    Un corps fort et entraîné est non seulement bien équipé pour lutter contre le VIH, mais aussi pour combattre le stress.

    Beaucoup de gens vivant avec le VIH trouvent que l’exercice physique les aide pour leur santé en général, et leur bien-être. Un corps fort et entraîné est non seulement bien équipé pour lutter contre le VIH, mais aussi pour combattre le stress. Une bonne forme physique est aussi importante parce que cela réduit les risques de dépression, et les personnes atteintes du VIH y sont malheureusement sujettes. Enfin (mais pas des moindres), l’exercice physique vous aide à garder un poids de forme idéal, tout en muscle et non en gras. Courir, marcher vite, faire du vélo, du skateboard, nager ou pratiquer d’autres activités de type aérobic participe toutes à créer un corps plus sain. Soyez cependant prudent ! Il n’est pas nécessaire d’en faire plus que de raison, surtout si vous venez seulement de commencer. Vérifiez avec votre médecin avant de vous lancer dans un programme d’entraînement et commencez par rencontrer un coach personnel qui vous montrera comment tirer le meilleur de votre séance. L’exercice physique peut aussi faire partie d’un programme de réhabilitation.

    C’est parti !

    L’exercice physique peut mener à:

    • plus d’énergie,
    • moins de stress,
    • de meilleures perspectives,
    • une amélioration des capacités du cœur et des poumons,
    • un sommeil profond,
    • une fonction intestinale plus régulière,
    • une meilleure image et estime de soi.

     

    Renforcer la masse musculaire

    Pour prendre du poids musculaire durablement, vous devez soulever des poids et augmenter votre consommation de protéines et de glucides complexes (sains).

    Prendre du poids pour renforcer sa masse musculaire est d’autant plus important si vous avez connu une perte de poids rapide dans le cadre de votre maladie du VIH. Pour prendre du poids musculaire durablement, vous devez soulever des poids et augmenter votre consommation de protéines et de glucides complexes (sains). Consommer des aliments hautement gras issus des restaurants rapides n’est pas la solution ! Pour faire de la musculation, utilisez des machines à la salle de gym, des poids à soulever, ou bien faites des push-ups, sit-ups et des squats, ce qui vous aidera à renforcer vos muscles.

    Conseils pour votre entraînement

    Lorsque vous faites un entraînement, n’oubliez pas de :

    • respirer,
    • porter des vêtements confortables,
    • boire beaucoup d’eau avant, pendant et après l’effort,
    • ajouter un échauffement et une période de pause comme faisant partie intégrante de l’entraînement,
    • écouter votre corps,
    • avoir un régime nutritif, bien équilibré, avec le nombre de calories et de protéines adéquat pour nourrir votre corps,
    • vous accorder une pause entre les entraînements, pour laisser votre corps se reposer.
  • Gérer son stress

    Prenez du temps dans votre vie pour faire les choses que vous aimez.

    Trouver du temps pour soi est un anti-stress efficace, prenez donc du temps dans votre vie pour faire les choses que vous aimez. Allez danser, préparez un repas sain, cuisinez du pain, allez vous promener au parc ou dans les bois, partez nager, écoutez de la musique, ou faites du jardinage. Et, bien entendu, passez du temps avec les personnes que vous aimez.

    Il y a d’autres moyens de faire face à son stress :

    Renseignez-vous sur les techniques de méditation, de relaxation et de respiration. Prenez un cours ou achetez un guide téléchargeable. La plupart des naturopathes vont donneront plus d’informations,

    commencez à prendre des cours de yoga ou de Tai Chi – cherchez des cours gratuits ou avec des formules sur mesures au sein de studios de yoga, de centres communautaires ou d’organisations VIH,

    accordez-vous un massage. Si vous travaillez, le coût du massage peut être partiellement ou totalement couvert grâce à votre assurance maladie. Vous pouvez aussi trouver des massages gratuits organisés dans les centres VIH. Certaines écoles de massage proposent aussi des séances gratuites ou à payer sur mesure, notamment avec des masseurs étudiants,

    prenez une pause. Cela comprend aussi bien de petites pauses, comme faire une sieste, que de prendre une journée de repos, de même que de plus longues pauses, pour partir en vacances en dehors de la ville.

    Astuces pour vous aider à déstresser

    Buvez énormément d’eau. Nos corps sont faits à 75% ou 90% d’eau, et elle permet d’éliminer les toxines du corps et de nous tenir hydratés. Essayez de boire au moins huit verres d’eau par jour.

    Aussi, mangez des fruits frais et verts, des céréales complètes et des produits à base de soja. Essayez les jus de fruits et de légumes, qui sont un bon moyen d’obtenir tous les bons nutriments des aliments frais. Pensez au sentiment que vous ressentez en consommant des produits frais, une salade pleine de couleurs et comparez cela avec ce que vous ressentez en consommant de la nourriture préparée. Évitez les allées centrales de votre magasin le plus possible : c’est ici que la plupart des aliments transformés se trouvent.

    Prenez le temps, savourez l’instant présent. Soyez conscient et encré dans le temps présent. Faites un massage pour stimuler votre circulation sanguine et votre système immunitaire.

    Ayez confiance en vous : écoutez votre voix intérieure. Écrivez dans un journal. Osez accomplir vos rêves. Apprenez le pouvoir de la volonté. Faites une prière et ne soyez pas surprise(e) d’obtenir ce que vous aviez espéré. N’oubliez jamais de remercier.

    Réjouissez-vous ! Organisez vos activités favorites ou découvrez-en de nouvelles, comme si c’était la fête ! Apprenez à tricoter. Rejoignez une chorale. Essayez la salsa ou les percussions africaines.

    Faites de l’exercice. Permettez à votre coeur de battre et à votre sang de circuler. Et n’oubliez pas de bien respirer ! Marchez, nagez, dansez, faites du vélo… Choisissez votre exercice préféré. Non seulement cela vous sera bénéfique sur le plan physique, mais cela va aussi vous remonter le moral. Au fait : le sexe compte comme du sport !

    Parlez-vous agréablement. Les mots que vous employez envers vous-même peuvent vous blesser ou bien vous guérir. Ayez et dites des pensées positives. Respectez-vous, vous et votre contribution. Chacun d’entre nous est unique et est doté de différente manière, avec des perspectives différentes.

    Cherchez de l’aide. Contactez votre organisation locale du VIH. Ils peuvent avoir les ressources ou les programmes qui rendront votre vie plus facile. Il existe des opportunités dont vous n’avez même pas conscience ! Rencontrez des gens. Si vous vivez dans une ville lointaine, contactez-les par email, sur internet, ou bien grâce aux numéros d’appel gratuits. Communiquer avec les gens vivant des expériences similaires est une ressource inestimable pour vous sentir soutenu et votre connaissance. Acceptez le soutien de votre famille et de vos amis. Honorez vos relations.